- Les associations sont des laboratoires d’innovation sociale et de politiques publiques.
- Les écoles et les entreprises doivent mieux reconnaître et faciliter l’engagement.
- La richesse créée par le bénévolat et le lien social doit devenir visible.
- L’intérêt général concerne les citoyens, les entreprises et les pouvoirs publics.
Au cours d’un échange animé par Marieke Huysentruyt, professeure à HEC Paris et directrice académique du Centre Sustainability & Organizations et de l’Impact Lab, Elsa Da Costa a défendu une conviction forte : face à des crises climatiques, sociales, économiques et géopolitiques étroitement liées, la transformation de la société doit devenir une responsabilité collective.
À la tête d’Ashoka France, elle accompagne des entrepreneurs sociaux qui s’attaquent aux causes profondes des problèmes et inventent de nouvelles réponses. Certaines de leurs initiatives ont profondément transformé la société, à l’image du Nutri-Score ou du service civique. Ces exemples montrent que l’innovation ne vient pas uniquement des entreprises ou des pouvoirs publics : les associations constituent aussi de véritables laboratoires de politiques publiques.
Normaliser l’engagement
Dans son livre À nos cœurs vaillants, manifeste pour une culture de l’engagement, Elsa Da Costa défend une idée simple : l’engagement ne doit plus être associé à quelques héros prêts à tout sacrifier pour une cause.
Pour y parvenir, il faut permettre à chacun d’agir à son échelle, mais aussi mieux reconnaître les engagements déjà existants. Elsa Da Costa propose notamment de créer, au sein des grandes écoles, des parcours permettant aux jeunes diplômés de consacrer leurs premières années professionnelles à l’intérêt général sans être pénalisés financièrement.
Cette reconnaissance doit également être économique. En France, les 20 millions de bénévoles représentent, selon les chiffres cités lors de l’échange, une contribution estimée à 24 milliards d’euros. Pourtant, cette richesse demeure largement invisible, car elle repose sur du temps donné et non sur une transaction financière.
En conclusion, Elsa Da Costa a rappelé aux étudiants la responsabilité qui accompagnera leurs futures fonctions. Quelle que soit la voie qu’ils choisiront, leurs décisions auront un impact sur la société :
« Vous allez transformer la société, que vous le vouliez ou non. »