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Préparer la révolution énergétique dans le secteur bancaire

Invité d’honneur du huitième Energy Day d’HEC Paris, Patrick Perreault n’a pas mâché ses mots : « en ce qui concerne les questions du changement climatique et de la mobilité, il nous faut tous réfléchir sans idées préconçues, dans tous les domaines ». Le responsable Fusions-Acquisitions de Société Générale CIB a engagé le dialogue avec les étudiants réunis dans l’amphithéâtre Bellon : son intervention a été l’occasion de donner un aperçu des initiatives prises par le secteur bancaire pour répondre aux nouveaux défis posés par le réchauffement climatique. L’ancien diplômé d’HEC (H96) a ensuite fait part de son analyse sur l’énergie, le changement climatique, et le rôle que les banques et les jeunes diplômés peuvent jouer pour concevoir de nouvelles solutions face aux défis mondiaux.

Patrick Perreault - Société Générale - Energy Day - HEC Paris - 4 fév. 2020

L’Energy Day a été créé en 2013, 17 ans après votre diplôme de la Grande Ecole d'HEC. Comment compareriez-vous les attitudes d’aujourd’hui à l’égard de l'énergie avec celles qui existaient à l’époque de votre diplôme ?

Patrick Perreault : Le réchauffement climatique, l’abandon des énergies carbonées ou encore l’émergence d’une nouvelle mobilité n’étaient pas vraiment à l’ordre du jour dans les années 90 ! Le changement s’est fait durant les cinq dernières années, où l’attention du public sur des sujets comme le CO², les émissions de gaz à effet de serre ou le changement climatique s’est fortement accentué. Quand j’étais étudiant ici, il y a 24 ans, les étudiants étaient plutôt concentrés sur les secteurs traditionnels, tandis que l’entrepreneuriat, la technologie et Internet étaient encore des tendances émergentes.

On constate depuis quelques années une convergence accélérée entre les préoccupations sociétales en matière d'environnement et l’obligation pour les entreprises de prendre en considération le développement durable dans leurs activités. Cela crée de nouveaux défis dans le monde des entreprises, tant pour les industries dites traditionnelles que pour les entreprises technologiques. Il ne s'agit pas simplement d'être compétitif et rentable. On demande désormais aux entreprises de fournir des solutions cohérentes avec l'agenda sociétal et environnemental de leurs clients. Cela entraîne non seulement de nouvelles contraintes, mais également de nouvelles opportunités.

La pression sur les entreprises est de plus en plus forte. C’est particulièrement visible dans le secteur automobile. Au-delà des mots-clés à la mode comme la mobilité propre ou la smart city, vous avez des entreprises qui doivent se réinventer pour développer rapidement des solutions en phase avec un environnement réglementaire évolutif et les attentes changeantes des consommateurs et de la société.

J’ai passé l’intégralité de ma carrière à travailler pour des entreprises industrielles, ou des industries dites « lourdes ». Il y a vingt ans, on voyait encore une séparation nette entre le monde technologique et le monde industriel, mais aujourd’hui on constate partout une forme d’osmose, et ces deux mondes sont de plus en plus entrelacés.

Dans votre intervention, vous avez abordé les défis environnementaux et géopolitiques liés à l'utilisation de batteries pour les véhicules électriques. Quelle est la vision globale de Société Générale CIB sur l'empreinte écologique d’une batterie, l'origine des métaux qu'elle utilise, les enjeux autour de son recyclage… ?

Patrick Perreault : Les métaux et les minéraux utilisés dans les batteries sont le cuivre, le graphite, le cobalt, le nickel et le lithium. Au-delà du sujet spécifique des batteries, le secteur bancaire s'intéresse de plus en plus à l'impact environnemental et sociétal des projets miniers à financer. Les critères ESG (Environnement, Social et Gouvernance) sont devenus essentiels pour l'évaluation des nouveaux projets. La Société Générale dispose d'un groupe spécialisé sur l’environnement qui examine les projets de financement dans le domaine des ressources naturelles, y compris pour ce qui concerne l'exploitation minière. L’essor de l’électrification et l’utilisation des batteries créent donc des défis particuliers pour les acteurs de l’industrie automobile, en matière de gestion de la chaîne d’approvisionnement. « Les batteries sont essentielles pour mes nouvelles plate-formes de véhicules » déclarent-ils, mais « suis-je certain que les batteries de ma voiture proviennent de minéraux et métaux extraits et traités de manière durable ? » Il sera donc primordial à l’avenir de garantir la durabilité de l'ensemble de la chaîne d'approvisionnement, de la mine jusqu’au recyclage des batteries, pour soutenir le développement de solutions électriques de mobilité.

Vous avez également mentionné votre implication en tant que banquier au cours de ces deux dernières décennies dans de nombreuses industries ayant une empreinte carbone relativement importante. Comment les tendances actuelles en matière de protection de l'environnement et du réchauffement climatique influencent-elles votre propre évolution ?

Patrick Perreault : Dans tous les secteurs, les questions environnementales et sociales se hissent au premier rang des préoccupations. De nombreux facteurs sont à l'origine de ce phénomène, notamment les contraintes réglementaires croissantes, l’exigence croissante des citoyens, les attentes particulières des consommateurs... et le désir profond de nombreuses entreprises d'assurer une meilleure cohérence entre leurs objectifs et la nécessité de renforcer la protection de l'environnement.  D'une manière ou d'une autre, les thèmes de la durabilité et de l'empreinte écologique sont désormais au cœur de la plupart des opérations dans lesquelles j’interviens. Les entreprises se rendent compte désormais que les enjeux environnementaux sont bien plus qu'un simple artifice de communication. Il est donc essentiel de se focaliser véritablement sur ces questions pour protéger ou améliorer la compétitivité à long terme des entreprises dans de nombreux secteurs d'activité. C'est la seule direction qu'elles peuvent emprunter. Et les banques peuvent faire partie de la solution ! Prenons l'exemple du secteur du transport maritime : plus de 35 institutions financières, dont la Société Générale, ont uni leurs forces autour des « Principes de Poséidon », qui permettront aux investisseurs de mieux adapter leurs portefeuilles de fleet lending à des impacts environnementaux responsables, et d'accompagner les sociétés de transport maritime dans leur objectif visant à réduire les émissions de GES de 50 % en 2050. C'est un formidable exemple !

Quel rôle pourrait jouer HEC dans ces évolutions ?

Patrick Perreault : Comme l'ont dit les différents intervenants ce soir, HEC doit être au cœur de ces changements technologiques et environnementaux considérables, qui ont un impact sur notre façon d’agir comme citoyens ou employés. Il est clair pour moi que, grâce à leur expérience à HEC, de nombreux étudiants vont acquérir les outils (que l’on parle de finance, d'entrepreneuriat, de ressources humaines ou de stratégie) qui leur permettront d'avoir un impact sur leur lieu de travail et de développer des solutions innovantes et adaptées aux défis actuels des entreprises. Dans les start-up, les petites et moyennes entreprises, les grandes sociétés, les banques et les cabinets de conseil, il y a un réel besoin de personnes à la fois qualifiées et motivées pour faire face aux mutations technologiques, environnementales et sociétales.

Les personnes qui étaient présentes ce soir font partie de la solution. J'ai obtenu mon diplôme d'HEC il y a plus de vingt ans, et je trouve très stimulant de voir de jeunes diplômés prêts à se surpasser et à remettre en question notre façon de faire les choses. C'est une dynamique nécessaire pour développer des solutions durables et pour que les défis se transforment en opportunités d’avoir un impact positif !