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Centre IDEA

Remettre les langues au programme des entreprises (et de leurs dirigeants) ?

Lors d’un séminaire donné aux entrepreneurs de l’Accélérateur ESS Ile-de-France, un programme opéré par HEC Paris, Thierry Gauthron, intervenant partenaire du programme et co-fondateur d’Altman Partners, remet les langues au cœur du dialogue au sein de l’entreprise, notamment en temps de crise.
Voici un extrait de la vision de Thierry Gauthron, qui a suscité de nombreuses discussions lors des sessions de tutorat. Notre Chargée d'accompagnement ESS Raphaëlle Chaygneaud-Dupuy, témoigne en ajoutant une perspective philosophique.

Illustration blog Accelerateur ESS

Depuis une trentaine d'année, un mouvement inexorable semble avoir poussé les entreprises vers les sciences techniques. Celles du chiffre d'affaires, des marges et des résultats, celle des indicateurs de performance, des process et de l'organisation. Toute l'énergie des dirigeants semble désormais se consacrer à la performance économique. Loin de moi l'idée de critiquer cet intérêt pour la performance économique qui est plus que jamais critique pour la plupart des entreprises. Mon propos vise à pointer le fait que beaucoup de dirigeants semblent en oublier le reste. Et le reste, me semble-t-il, ce sont les relations humaines.

Thierry Gauthron pour l'Accélérateur ESS

Alors que de nombreux dirigeants se plaignent de "tirer seul" leur entreprise et dénoncent des salariés pas ou peu engagés, ne prenant pas d'initiatives, désintéressés par les enjeux de l'organisation - quand ils ne s'opposent pas carrément aux décisions - ils ne voient souvent pas à quel point leur propre focalisation sur les résultats et leur absence d'investissement sur les relations entrainent cette situation qu’ils souhaiteraient éviter.

Pourtant les clés sont là ! Elles n'appartiennent pas à la sphère des sciences techniques, mais bien à celle des langues. Les langues ou le langage qui permettent de communiquer, de s'écouter et de découvrir des buts communs à poursuivre et des manières de mieux travailler ensemble. Notre expérience montre qu'il est possible en très peu de temps - quelques semaines parfois à condition que le dirigeant prenne conscience de son propre rôle dans le système - de changer radicalement le climat d'une entreprise. Rien de magique dans ce mouvement !  Simplement le résultat d'un dirigeant qui s'avance devant ses équipes, exprime avec son cœur et ses tripes son envie de vivre "autre chose" et demande à ses salariés si eux aussi n'auraient pas envie de vivre autre chose. Grâce à ce pas en avant, puissamment humain et qui n'a rien à voir avec de la "com", le dirigeant remet au centre du fonctionnement de l'organisation ce qui importe vraiment pour ses collaborateurs : leur place dans le système ! Ce faisant et avec peu de mots, il leur scande : vous êtes importants et nous pouvons faire de grandes choses, ensemble ! En êtes-vous d'accord ? Et alors l'énergie revient.

Le résultat ? « Une relation avec les techniciens qui a vraiment changé... plus de confiance, plus d’engagement... je me sens plus à l’aise avec eux, tout est plus fluide... » et « ça nous a bien aidé pour maintenir le dialogue durant le confinement... » nous dit Pierre, PDG d’un groupe de distribution de matériel de BTP de 150 salariés, qui a fait le basculement en décembre dernier. 

Évidemment pour préserver cette énergie, la maintenir sur la durée, le dirigeant va devoir apprendre une nouvelle langue : celle de la relation. Cette langue qui lui permettra de découvrir que l'ouverture, la confiance et la souplesse de l'autre s'obtiennent par l'ouverture, la confiance et la souplesse dont lui-même fait preuve à son égard. Celle qui lui permettra de découvrir qu'il est tout à fait possible d'obtenir des performances remarquables tout en ne contrôlant pas tout et en laissant de l'espace à ceux qui font. Celle qui lui permettra de constater qu'avec un vrai collectif ouvert et engagé, tout - et même l'impossible - devient possible. 

Texte signé par Thierry Gauthron, co-fondateur d'Altman Partners


 

aphaelle Chaygneaud Dupuy

Le retour sur le lieu de travail soulève la question de faire à nouveau collectif et de se comprendre mutuellement alors qu’on n’a pas tous vécu la période de la même façon. Faisons un détour par le langage avec Barbara Cassin, philosophe et immortelle depuis 2018. 

Filons la métaphore des langues pour une perspective décalée sur l’entreprise : se comprendre quand on ne parle pas la même langue passe soit par l’apprentissage de la langue de l’autre, soit par une langue commune, soit par un traducteur.

Pour apprendre la langue de l’autre, il faut assimiler du vocabulaire, écouter la musique des phrases et décrypter le sens des phrases. Quand on rejoint une entreprise, on apprend une nouvelle langue, son vocabulaire et sa culture. On vient bien sûr avec son propre vocabulaire, lié à son métier et à ses expériences passées. Comme pour l’anglais ou l’espagnol, chacun est plus ou moins doué en langues, qu’on soit dirigeant ou salarié. 

L’idée serait alors d’adopter une langue commune, qui ne soit ni celle du management, ni celle du collaborateur. Laquelle choisir alors ? Comme dit Thierry Gauthron, il ne s’agit pas de « faire comprendre aux salariés » mais de proposer une nouvelle relation entre les personnes qui constituent l’entreprise. La formation peut être un vecteur d’intercompréhension qui transcende les jargons propres aux métiers. Par exemple à l’issue d’une formation « Insight », l’ensemble des collaborateurs mettront une nouvelle réalité derrière les couleurs « bleu », « rouge », « jaune » et « vert ». « Toi tu es bleu, non ? » De la même manière, les formations de l’Accélérateur visent à créer une langue partagée entre tuteurs et entrepreneurs. Les interprétations d‘un même mot, aussi courant que le mot « objectif » par exemple, peuvent varier d’une personne à l’autre. 
En complément donc des deux précédentes approches, faisons confiance aux traducteurs. Barbara Cassin critique l’usage d’un globish, une version de l’anglais centré sur la communication qui a tendance à prendre toute la place. Dans certains cas, l’usage de cette lingua franca empêche d’aller en profondeur et dans la complexité, car les interlocuteurs ne maitrisent pas un vocabulaire assez étendu.  Si l’on file la métaphore linguistique, au sein des entreprises, certains profils sont hybrides. Etant passé d’un environnement à l’autre, ils sont bilingues. Ils font déjà souvent le pont naturellement et peuvent faire la traduction entre les différentes personnes de l’entreprise. Il y en a sans doute dans votre entreprise et leur rôle de passeur de sens facilite l’intercompréhension et la communication.

Barbara Cassin définit la traduction comme « savoir-faire avec les différences ». Et si les entreprises inclusives étaient aussi des lieux de traduction ? 

Texte par Raphaëlle Chaygneaud-Dupuy

 

En savoir plus sur l'Accélérateur ESS opéré par HEC Paris