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Un étudiant du Master SASI veut révolutionner l’énergie en Inde

Sushil Reddy, étudiant à HEC, a pris deux années sabbatiques pour se lancer dans une audacieuse aventure de 61 jours et 7000 kilomètres en Inde, à bord d’un « tuk-tuk » (un tricycle motorisé), réaménagé et alimenté par l'énergie solaire et électrique. Tout juste de retour sur le campus pour terminer son MSc Sustainability and Social Innovation (SASI), Sushil se prépare maintenant à revenir au mois d’avril dans son pays natal, où il mettra en avant des solutions innovantes pour transformer le légendaire tricycle en un véritable atout pour encourager le développement durable et la pureté de l’air.

Sushil Reddy - HEC Paris

Le rickshaw pourrait-il répondre aux problèmes de pollution chronique de l’air en Inde? Soixante ans après qu'une version améliorée du Daihatsu Midget soit arrivée sur le marché du sud-est asiatique, Sushil Reddy s'est lancé dans un projet visant à prouver que son tricycle électrique à énergie solaire pourrait contribuer à réduire les niveaux de pollution chronique de l'air dans son pays. Les villes indiennes sont en effet parmi les plus polluées au monde, la capitale Delhi ayant dépassé en 2015 les normes nationales de pollution près de 95 jours sur 100. « Dans ma ville natale, Bombay, il y a plus de 2 millions de chauffeurs de rickshaw, et leurs moteurs deux-temps sont en partie la cause de la très forte pollution de la ville ».

La métropole de 13 millions d'habitants a en effet connu un accroissement de 36 % de sa pollution ambiante, due notamment aux particules que dégagent les rickshaws. Ces risques pour la santé ont d’ailleurs poussé le gouvernement à déclarer ces niveaux de pollution comme une « situation d’urgence », le très grand nombre de tricycles motorisés étant identifiés comme leur principale cause. D’ailleurs, notait récemment le journaliste Tony Diver, « avec le lancement prévu en 2020 d'une action environnementale dans le cadre de l'accord de Paris, et la réduction drastique du prix des courses dans l’intervalle, le bruit familier du tuk-tuk dans les rues des villes indiennes pourrait bientôt disparaître ».

Sensibiliser le public

Cette disparition programmée est l’une des principales raisons qui ont poussé Sushil Reddy à agir. Pour cela, il a fait appel à trois autres professionnels partageant les mêmes idées (un ingénieur en informatique, un technicien en génie solaire et un professionnel du marketing), et ils ont créé ensemble SunPedalRide. Ce projet vise à promouvoir l’énergie solaire, à démystifier ce sujet et à contribuer à la recherche et à l’analyse de données sur l’énergie solaire dans les transports. « L'Inde est encore à un stade précoce pour ce qui concerne l'adoption d'énergies de substitution au pétrole. Les propriétaires de rickshaw, par exemple, pensent qu'une version fonctionnant à l'énergie solaire est plus chère qu'un rickshaw classique en raison de l'investissement initial (environ 40% plus cher, NDLR). Ils disent qu'il ne peut pas parcourir de longues distances, qu'il est plus difficile à conduire, qu'il ne prend pas de lourdes charges et qu'il manque d'autonomie. Je pense que notre voyage de 61 jours a permis de mettre fin à tous ces préjugés. »

Après plusieurs mois de préparation, les quatre membres de l’équipe se sont mis en route en mai 2019 le long de la Golden Quadrilateral Highway, qui relie les quatre plus grandes villes de l'Inde. Ils ont partagé un véhicule de dépannage et un rickshaw spécialement fournis par l'entreprise Volta Automotive, basée au Bengale, qui fabrique et gère des projets d'énergie verte. Leur périple les a menés dans soixante villes et autant de paysages et de microclimats, une diversité qui a considérablement influencé leurs recherches. « L'Inde est une terre de contrastes et ces changements climatiques et géographiques ont joué sur les performances des batteries », explique Reddy. « Dans des conditions idéales, en plaine et avec des températures chaudes (25-30°C), elles permettent de parcourir jusqu'à 130 kilomètres sans être rechargées. Nous avons vécu cela dans le sud de l'Inde, près de Bangalore. Dans les régions plus montagneuses, en revanche, cette autonomie descend jusqu'à 60-70 kilomètres. Mais ce n'est pas un gros obstacle : un tuk-tuk classique ne parcourt en moyenne que 70 à 80 kilomètres par jour, et de toute manière, recharger notre batterie avec une prise normale nous aurait pris de toute façon 4 heures, ou 4 heures 30 »

 

Sushil Reddy with team - HEC Paris

Des infrastructures de recyclage à améliorer

Le voyage a également démontré que leur véhicule était d’une part plus rapide qu’un rickshaw classique (55 km/h), mais aussi qu’il pouvait transporter un poids égal (à savoir quatre personnes et 50 kg de bagages), tout en étant beaucoup moins cher. « Bien évidemment, l'investissement initial est plus élevé. Mais vous  économisez environ 50 % sur la durée de vie globale d'un rickshaw à batterie », souligne Sushil Reddy. « Chaque année, il est beaucoup plus économe, non seulement parce qu'il n'y a pas d'essence à acheter, mais aussi parce que les frais de fonctionnement sont bien moins élevés ».

Tout au long du voyage, l'équipe a recueilli des données qu'elle espère pouvoir partager avec ses sponsors et d'autres chercheurs. Il s'agit notamment des capacités du véhicule en termes d'endurance et des performances de la batterie à différentes températures, et sur des terrains variés. SunPedal a également identifié les questions posées par le recyclage des batteries et la rareté des points de recharge. « Ce sont des questions qui nous préoccupent », admet Sushil Reddy. « Pour l'instant, le secteur industriel en Inde n'a pas vraiment de système de recyclage des batteries ». Le gouvernement a annoncé peu après, au mois de janvier 2020, la construction de 2636 stations de recharge dans tout le pays.

Pour l’émancipation des femmes

Le trajet a également permis de réaliser de nouvelles découvertes inattendues. La rencontre avec une association de femmes chauffeurs du Gujarat a permis de démontrer à quel point le rickshaw solaire était plus facile à manœuvrer. « Nous avons rencontré cinquante femmes qui sont accompagnées par le gouvernement dans le cadre d'un projet d'émancipation des femmes. Elles ont réellement apprécié l'autonomie du rickshaw électrique, sa simplicité de fonctionnement et sa maniabilité. »

L'émancipation des femmes est l'un des nombreux objectifs que SunPedal partage avec le Master SASI d’HEC. « Mon expérience à Jouy m'a permis de mieux saisir l'importance de la question de la parité. Les objectifs de développement durable du Master SASI, visant à réduire les déchets et la consommation d'énergie, ont évidemment été d'une grande aide dans l'élaboration du concept. Mais j'ai également bénéficié du réseau d'anciens élèves de l'école. Par exemple Sumeet Anand (H94), de la Chambre de commerce française, a été particulièrement été impliquée dans le projet. D’ailleurs cela pourrait peut-être déboucher sur une collaboration franco-indienne à plus grande échelle ? »

En plein milieu du périple, Mathilde Vermeire, diplômée du Master SASI, a rejoint Sushil Reddy et ses trois collègues. Bénéficiant d’un congé entre deux postes, l'analyste de marché chez Liberté Living-Lab a été tout de suite emballée par l'efficacité du projet pour rechercher des solutions au problème de la pollution en Inde : « Mes deux semaines entre Calcutta et Bhubaneswar (état de l’Odisha) m'ont fait prendre conscience de la nécessité de mettre en place cette nouvelle alternative », précisait-elle à son retour à Paris. « J'ai été particulièrement impressionnée par la façon dont la modernisation du rickshaw contribuait à l'économie circulaire, en donnant une nouvelle vie à certains des anciens rickshaws que vous voyez sur la route ».

 

Sushil Reddy - HEC Paris

Des rickshaws durables

Le projet SunPedal Ride n'est pas la première expérience de Sushil Reddy autour du développement de l'énergie solaire dans les transports. En 2016, il figurait déjà dans le Livre Guinness des records pour un voyage tout aussi long, cette fois-ci sur un vélo électrique fonctionnant à l'énergie solaire. Ce trentenaire a raconté cette aventure dans un eBook qui raconte ses exploits à vélo sur trois continents. Cette fois-ci cependant, il considère son nouveau projet comme un engagement à vie, pour utiliser l'énergie solaire afin d’aider l'Inde à éradiquer le fléau de la pollution des zones urbaines. « Nous avons prévu de mettre par écrit notre expérience et de publier notre livre à l’occasion du Festival indien de littérature, en janvier 2021. Ce sera une sorte de récit d'aventures… avec un message ».

D’ici là, l'ingénieur philanthrope se prépare à partager son expérience lors de la Transport Exhibition de Delhi, en mai 2020. Il y a trois ans, CityMetric, une publication du magazine britannique New Statesman, expliquait que le rickshaw faisait obstacle « entre les régulateurs et l’avènement d’une Inde plus écologique ». Sushil Reddy et son équipe espèrent maintenant faire passer cette affirmation au second plan. Ils en sont convaincus : leur initiative en faveur de l'énergie solaire va révolutionner la vision du rickshaw, et permettre de faire d'un de ces symboles de l'Inde un outil efficace au service du développement durable.