Croissance, Inégalités et Méritocratie Voilà bonjour à tous et à toutes. Merci d'être là après 12 h et merci à romain briat et marie pour leur introduction et pour leur invitation. Je voudrais commencer par vous dire que j'ai eu il y a quelques mois, un coup de foudre pour un chercheur philosophe sociologue, qui s'appelle hart mou, un allemand. Quelqu'un a déjà entendu parler de har mou. Rosa, tel que mi se lève, c'est déjà pas mal. Il est peu connu, il est difficile à lire. Je voudrais parler de har mou, Rosa, en évoquant son concept de résonance à partir de trois exemples par lesquels il commence. Ce livre magnifique qu'il a publié il y a quelques années, qui a été traduit en français il y a deux ou trois ans résonance pour faire comprendre ce dont il s'agit. La résonance. C'est le type de rapport que harpe nous encourage à avoir les uns avec les autres et à entretenir avec la nature. Dans mes cours, j'ai interdit à mes étudiants d'utiliser des laptops. Je demande que leur téléphone soit fermée pour créer les conditions de la résonance, c'est-à-dire d'une véritable communication fondée sur l'idée d'un apprentissage des uns par les autres et Rosa. Pour expliquer ce concept de résonance, prend trois exemples. Trois couples. Le premier couple est composé de deux peintres qu'il appelle Vincent et Gustave. Vous y reconnaîtrez peut être des allusions à van go et à courbet. Vincent n'a que très peu de matériel pour peindre. Il a un mauvais pinceau qui perd ses poils, les deux couleurs primaires avec lesquelles il doit improviser, mais il peint avec ce qu'il a. Il imagine d'autant plus des toiles magnifiques qu'il a peu de ressources à sa disposition Gustave. C'est autre chose. Il va s'équiper des meilleurs tubes de couleur. Il a toute une palette de pinceau. Il choisit avec soin ses toiles. Le problème, c'est qu'il passe tellement de temps à accumuler ce matériel dont il a besoin pour peindre qu'il en oublie de s'intéresser à son art. Deuxième couple, c'est celui de deux femmes, appelons les Sophie et Jamila, et ce sont deux femmes qui ont la même vie mais qui vivent leur vie de manière très différente. Sophie le matin se réveille. Et elle est entourée par les cris de ses enfants et ses enfants l'irrite un petit peu. Le petit déjeuner est une corvée parce qu'il faut prendre soin d'eux, faire les boîtes de pique, nique et les envoyer à l'école. Et puis elle va au travail. Elle retrouve des collègues avec qui elle n'a guère de plaisir à travailler. Elle travaille en équipe, mais elle a l'impression que c'est toujours elle qui fait le travail que l'équipe finalement va faire. Et en fin, d'après 12 h, elle va jouer au volleyball. Non pas qu'elle aime ça, mais elle doit faire de l'activité physique pour perdre du poids. Et c'est ce à quoi elle s'entête aussi régulièrement que possible. Jami là à des enfants, et elle adore le rire le matin qui sont pour elle une douce musique. Elle arrive au travail. Elle demande des nouvelles des enfants de ses collègues. Elle s'intéresse aux études des uns et et aux problèmes de varicelle de l'autre et elle adore partager elle même ses expériences avec ses collègues au bureau. Et puis elle va jouer au volet, non pas pour perdre du poids, mais parce que elle adore l'esprit de compétition qui anime entre amateurs, ce jeu de volets. Et puis elle a un très bon rapport avec les membres de son équipe et prend un troisième exemple. Ce sont deux frères jumeaux qui ont choisi de faire des choses très différentes. Il y en a un qui, après ses études secondaires, a été faire le tour du monde sacco dos et puis a fait des études de philosophie et a décidé ensuite de travailler à mi temps comme instituteur de village pour pouvoir se consacrer à sa passion. La montagne. Son frère jumeau lui a fait d'autres choix. À la fin de ses études secondaires, il s'est rapidement inscrit en droit ou en médecine. Il a fait un parcours universitaire assez brillant qui lui permette aujourd'hui d'être que sais je avocat médecin peut être dentiste. Bref, une profession relativement certaine qui procure de la sécurité pour le premier de ces deux jumeaux, appelons le marque. Le monde est un terrain de jeu ou il prend plaisir à se mouvoir pour son frère jumeau. Appelons le Bernard. Le monde est hostile dangereux. Il faut surtout ne pas prendre trop de risques par peur de perdre finalement par rapport à d'autres dans une compétition qu'on se livre. Alors vous avez reconnu dans ces trois couples différentes manières de se rapporter les uns aux autres. Marc, Sandrine Vincent et n'ont pas peur du monde ont confiance en eux. Mêmes ose. Prendre des risques ont un rapport avec le monde qui n'est pas un rapport simplement instrumental. Ils se laissent émouvoir par le monde et quand ils entretiennent des rapports avec les autres, ils se toucher émouvoir par les autres. Exactement comme quand on tombe amoureux. Et qu'on perd un petit peu le contrôle de la situation. Exactement comme quand on danse et qu'on ne sait pas vers quelle figure le partenaire va vous amener, mais qu'on se laisse guider, on se laisse orienter par les pas de l'autre sans que finalement, le script ait été écrit d'avance et soit entièrement prévisible. Alors je vais revenir à a à la fin de mon intervention, mais retenez simplement que dans le concept de résonance qui nous propose, il y a cette idée que l'on peut vivre de différentes manières. Les vies qu'on a, on peut vivre de différentes manières, son rapport au monde et aux autres. On peut certes voir le monde comme une ressource à exploiter et les autres comme des instruments au service de vos propres fins. On peut aussi se laisser émerveiller, se laisser toucher, se laisser émouvoir. On peut tomber amoureux du monde comme des autres. Nous sommes loin d'entretenir des relations de résonance avec le monde et les uns avec les autres. Et en fait, pour l'ONU, j'ai fait un rapport il y a quelques mois qui parlait de l'économie du burn out. Oui, car nous sommes dans une économie qui produit un taux inédit de dépression d'anxiété, y compris, et notamment dans les pays les plus riches. Une des études sur lesquelles j'attire l'attention des gouvernements dans ces rapports destinés au gouvernement est une étude de 2020 coordonnée par des chercheurs chercheuses de Harvard et de m. Mit dirige dirigé par Matthew ridley, qui enseigne l'économie à l'université de Harvard et qui montrait l'augmentation des taux de dépression et d'anxiété dans les pays riches. Vous voyez que plus on se déplace vers la droite, plus le PIB par. Personne est élevé, plus on est dans des pays riches. Et pourtant les taux de dépression d'anxiété augmentent. Alors c'est vrai que ces taux de dépression, d'anxiété dans une même société sont surtout importants parmi les plus pauvres car il est difficile, dans une société riche d'être relativement pauvre, mais la société en général, à des taux de dépression et d'anxiété qui, de manière paradoxale contre intuitive sans doute, augmente à mesure que la richesse moyenne augmente. Pourquoi je pense qu'une première explication, c'est celle de l'augmentation des inégalités et vous connaissez peut être le travail remarquable de Richard Wilkinson et de Kate Pickett, partenaire dans la vie qui publie en 2009 ensemble cet ouvrage white et quality for everyone. Et dans cet ouvrage et picket et Wilkinson. Partent d'un graphique qui est celui ci et qui montre combien les pays qui sont plus riches à mesure qu'on se déplace vers la droite de ce graphique, ont une capacité à résoudre les défis qui leur sont posés qui n'augmente pas. Ce graphique ne vous apprend rien parce que ce graphique ne montre aucune corrélation significative entre d'un côté, sur l'axe horizontal, la croissance de la richesse moyenne de l'autre sur l'axe vertical l'index. Composite qui comprend des dimensions comme la violence, la confiance dans les institutions, le taux d'emprisonnement, les les grossesses d'adolescentes, etc. Bref, toute une série de défis sociétaux que les pays plus riches ne sont pas mieux outillés que les pays pauvres plus à résoudre. Et ces mêmes pays, étudier ou classer en fonction de leur taux d'inégalité montrent une corrélation, au contraire très étroite. Les pays où les inégalités sont les plus fortes, à droite de ce tableau, le Royaume-Uni, le Portugal, les états-unis sont les pays ou ces problèmes de santé de bien être de violence, de confiance sont les plus importants. La France se situe dans une une honnête moyenne. C'est un pays relativement égalitaire. Bien que la mobilisé sociale, je vais y revenir, il soit faible et c'est un pays qui arrive moyennement bien à répondre aux défis qui lui sont posés. Et si on s'intéresse plus précisément à la question de la santé mentale, Kate pick et Richard Wilkinson publient en 2010 une étude montrant comment les pays les plus inégalitaires, plus à droite de ce graphique, sont les pays ou les problèmes de santé mentale sont les plus importants. Vivre dans une société inégale nous rend malade. Ça stimule l'anxiété de raté l'anxiété, de ne pas réussir. C'est la cause de la dépression quand on ne réussit pas, ou même quand on réussit un peu moins bien que le voisin auquel on se compare. Donc, une première explication de cette. Une étude qui montre que les taux de dépression d'anxiété augmentent à mesure que la richesse moyenne augmente, c'est que souvent cette croissance s'accompagne d'une augmentation des inégalités. Et puis il y a une deuxième question à poser et c'est celle que posent ces chercheurs et chercheuses de l'université de til bur et de leen. Il y aura un pop venden en haut. Et puis Eric vangen à droite et William van scott à gauche, qui ont examiné 23 pays européens avec un sondage portant sur 43 zéro personnes. C'est quand même très considérable comme échantillon de la population et qui ont montré le lien entre les inégalités. C'est sur les graphiques de gauche, en se déplaçant de gauche à droite, qu'on voit augmenter les inégalités et sur l'axe vertical. Les problèmes de santé mentale. On revient aux conclusions que j'ai déjà évoquées. Les problèmes de santé mentale augmentent à mesure que les inégalités croissent. Alors à droite, on a les mêmes pays classés par richesse moyenne PIB par personne. Et là on se dit après tout, les pays les moins riches sont ceux ou les problèmes de santé mentale sont les plus importants. Mais en réalité, ce que montre ce graphique, c'est que ces pays ou les problèmes de santé mentale sont importants alors qu'ils ce sont des pays relativement moins riches que les pays plus adroites sur le graphique, ce sont des pays qui ont subi des mutations importantes liées à la sortie du communisme. Ce sont des pays qui se sont convertis à l'économie de marché avec une privatisation, une mise en concurrence, une insécurité économique causée par ces transitions, des économies socialistes vers l'économie de marché. Et donc on peut dire que les problèmes de santé mentale sont surtout importants là où règne l'insécurité économique, là où les gens ont peur de l'avenir, pas comme marque plutôt comme Bernard, pas comme Sophie, plutôt comme Sandrine, un auteur, Richard leite a tenté de mieux comprendre ces corrélations et notamment la corrélation entre le bien être mental et les inégalités. Et il a montré par des études économétrique dans le détail desquelles je ne peux pas rentrer que les deux explications principales à cette corrélation entre l'augmentation des inégalités et la chute de bien être mental. Ou l'augmentation des problèmes de dépression ou d'anxiété tient à deux facteurs. D'abord, dans les sociétés plus inégalitaires, on a peur du jugement de l'autre. People fear they will be lock down pan. Ils ont peur du regard de l'autre réprobateur. Et je vais tout à l'heure évoquer la question de la mérito gratie dans les sociétés mérito démocratique, le paradoxe et que quand on échoue, on se le reproche, d'autant plus qu'on est proche d'une mérito gratie plus pure. Donc les gens dans des sociétés inégales ou les écarts de revenus sont importants, ont l'impression d'être constamment menacés de déclassement social et du jugement d'autrui que cela va amener sur eux. Et puis deuxième explication, c'est que dans les sociétés inégales, On a moins de confiance les uns dans les autres. On a moins de confiance dans les institutions. On a ce qu'on appelle un capital social plus faible. C'est à dire qu'on a moins de personnes vers lesquelles se tourner en cas de crise de réseau sur lesquels se reposer. Les gens sont moins solidaires les uns des autres. Ces conclusions me semblent corroborées par le travail récent de et est un grand économiste, prix Nobel d'économie pour ses travaux sur la santé publique. An case sa partenaire dans la vie est également corice avec lui d'un livre qui s'appelle that from père. Vous connaissez ce livre mort de désespoir et l'avenir du capitalisme en sous titres et ont été intrigués. Par des données montrant que pour la première fois dans l'histoire de l'humanité depuis une vingtaine d'années, l'espérance de vie chute dans un pays riche en dehors des périodes de guerre ou d'épidémie. Ce sont les Etats-Unis. Et c'est notamment parmi les blancs aux états-unis. Voilà. Vous avez ici le graphique qui les a intrigués. Le nombre de décès par 100 zéro personnes aux âge de 50 à 54 ans a augmenté pour cette catégorie de la population américaine étonnant. Et ce que montre angu diton et case, c'est que c'est un phénomène qui concerne les blancs aux états-unis. C'est cela que désigne la ligne u white. Sur ce graphique, alors que dans les autres pays, sur une échelle de temps qui porte sur 25 ou 30 ans, on a en général, grâce au progrès de la médecine, en particulier grâce au renforcement de la protection sociale, on a une espérance de vie qui est plutôt améliorée, mais cette augmentation de la mortalité, elle est due à l'usage de drogues d'alcool et au suicide. En fait, on a aux états-unis une partie de la population qui se sent déclassée, qui recourent à des comportements qui sont auto destructeurs, on bo de l'alcool. On consomme des drogues, notamment des opiodes anti-douleur addictif. Et on se suicide parce qu'on n'a pas l'impression qu'on sert encore à quelque chose. On se sent redondant, menacé de déclassement, notamment quand on est un. Un blanc avec des faibles diplômes. J'y reviendrai et vous voyez que cohorte de génération après cohorte, l'espérance de vie diminue et et le nombre de morts par 100 zéro habitants liés à l'usage de drogues d'alcool ou de suicides augmente. Ceci menace notamment les hommes, et notamment les hommes qui n'ont pas de diplôme de diplôme universitaire, dont le meilleur diplôme est un diplôme d'études secondaires. Pourquoi? Parce que ces hommes, ces hommes blancs sans diplôme universitaires, sont menacés par la mondialisation des chaînes d'approvisionnement qui menacent leur entreprise de délocaliser et donc rend précaire leur job. Ce sont des gens qui voient leur job menacés par l'automatisation. Et ce phénomène est renforcé par l'intelligence artificielle. Bref, ce sont des gens qui se sentent surnuméraires dans une économie numérique qui tolère de moins en moins que les gens ne soient pas hyper compétents et capables finalement de réussir dans l'environnement caractérisé par la mondialisation et l'automatisation des tâches. Alors vous notez que ce sont les hommes blancs, encore plus que les femmes sans diplôme qui sont menacés de cela. Et ceci concerne des hommes blancs, beaucoup plus que les hispaniques, beaucoup plus que les noirs américains pour des raisons que ne comprennent pas, je pense, pour ma part, pour avoir vécu pas mal d'années aux états-unis, qu'une des explications peut être que les blancs, surtout sans diplôme, ont beaucoup moins de. Vie communautaire ont beaucoup moins d'activité avec la communauté qui les entoure, ont beaucoup moins de réseaux de solidarité sur lesquels prend appui alors que dans les minorités ethniques que sont les les latinos ou les les afro américains, on a au contraire bien davantage de liens communautaires que l'on peut entretenir. Et d'ailleurs, en 2000, ce sociologue de l'université de Harvard, Robert putnam, publie cet ouvrage magnifique bowling alone qui a lu bowling alone. C'est une très belle enquête sur l'individualisation de la vie aux états-unis et la perte de sens communautaire. Le titre l'indique bien le sous titre aussi. D'ailleurs, the collapse of american community que fait putnam putnam étudie au cours des années 80 et 90. À travers toute une série d'indicateurs, un phénomène qu'il appelle l'individualisation ou la privatisation des existences. Les gens s'invitent moins entre voisins. Les gens militent moins dans les ONG et les syndicats, les partis politiques, les gens vont moins manifester le dimanche contre des politiques qui leur déplaisent. Bref, les gens sont repliés sur la quête du bonheur privé et oublient de s'investir dans le collectif et putna montre cela. Ils montrent que ce ce sous investissement dans le collectif et se replie sur le privé est lié à au moins quatre phénomènes qu'ils mettent en avant un la place du travail. Les gens aux états-unis travaillent un grand nombre d'heures et même quand ils ne travaillent pas comme ils ont peur de ne pas être performant compétitif. Ils utilisent leurs loisirs à se préparer mieux pour le travail. Le travail accapare beaucoup de leur énergie mentale et physique. Deuxièmement, c'est l'organisation de l'espace. Les espaces urbains aux Etats-Unis sont très étalés la distance qu'on a à franchir tous les jours de son domicile à l'école de ses enfants au lieu de son travail, au lieu voir faire ses courses dans les grands shopping malls en périphérie des grandes villes, au lieu où on va faire du sport. Par exemple, ces distances sont toujours plus grandes et, en fait, ont annulé complètement par le temps qu'on passe dans le embouteillage. Les bénéfices que l'on tire de la généralisation de la voiture individuelle, d'ailleurs, putnam, donne un petit calcul et dit pour pour 10 minutes supplémentaires par jour qu'on passe dans les embouteillages dans le trafic. On a 10 % de moins. De temps à investir dans les activités communautaires. Donc, faites le compte au bout d'une heure, 40 d'embouteillage quotidien ou de navettes quotidiennes. Vous n'avez plus de temps à consacrer aux activités communautaires. Et c'est ce qu'il montre par des études quantitatives très poussées. Putnam met en avant aussi le rôle important de la télévision. Aujourd'hui, on disait on dirait des écrans qui, bien qu'ils permettent de rejoindre des communautés virtuelles, nous ponnent beaucoup d'attention et d'énergie et de temps et nous empêchent de faire des collectifs avec les autres. Et puis putnam nous fait remarquer que les jeunes arrivés à l'âge adulte dans les années 80 90, c'est mon cas. Moi, j'ai fini mes études de droit en 1990. Ont vu échouer les combats de leurs aînés pour une société différente des combats pour les droits civiques, pour la sortie du capitalisme, pour pour l'environnement qui en fait ont échoué. Et ces jeunes en ont tiré les conclusions en se retirant de l'investissement dans collectif. C'est ce que putin m'appelle l'explication générationnelle qui explique selon lui qu'en 2000 moment ou il publie son livre, on est à la pointe, à la crête d'un repli individualiste, je crois, pour ma part, que les jeunes aujourd'hui et vous en êtes se réinvesti dans des collectifs différents. Certes, vous n'allez pas militer nombreux, nombreuses dans les partis politiques, dans les syndicats et même dans les ONG traditionnelles, mais l'économie sociale et solidaire. Et les tentatives de terrorisation de l'économie et l'investissement dans des collectifs de proximité. C'est malgré tout quelque chose que cette génération demande et qu'elle fait. J'ai beaucoup d'espoir en cette génération pour que ce narratif soit finalement qu'on en revienne si vous voulez à une société moins individualiste. Et je reviendrai sur cette question. Alors j'ai évoqué la montée des inégalités comme une explication possible de l'augmentation de la dépression, de l'anxiété, de ce que j'appelle l'économie du burn out. Une autre explication, c'est ce que j'appelle la contre productivité de la croissance, cette notion de contre productivité. Je l'emprunte à Ivan ilitch, un des fondateurs de l'écologie politique dans les années 1970 et. Je voudrais partir pour expliquer ce concept du travail de cet économiste formidable et trop tôt. Disparu, Fred hersch. Fred hersch publie en 1976 de sauts sur les to growth, ce qui était un clin d'œil au rapport de dona et Denis Meadows, commandé par le club de Rome à des chercheurs chercheuses des miti de l of growth 1972. Et dans de sa to growth, Fred husch fait remarquer que la croissance va nécessairement nous décevoir. Pourquoi? Parce qu'à mesure qu'une société voit croître, l'économie voit augmenter la richesse disponible. Davantage de biens de consommation seront des biens de type positionnels. C'est quoi des biens positionnels? Ce sont des biens qui sont surtout intéressants. Parce qu'ils permettent de se classer par rapport à d'autres, de se positionner par rapport à d'autres. Et typiquement, c'est vrai, des diplômes. Quand moi je suis sorti de mes études en 1990, beaucoup avaient des masters de droit très rares étaient celles et ceux qui avaient des masts spécialisés et à for des mast obtenus dans des universités américaines prestigieuses. Donc ça permettait de se classer que d'avoir un tel diplôme complémentaire. Aujourd'hui, j'écris chaque année peut être 200 lettres de recommandation pour des étudiants étudiants qui seront nombreux à obtenir ce mastère complémentaire. Et ce n'est pas que le travail qu'ils vont faire va exiger d'eux des talents plus extraordinaires. Ce n'est pas qu'ils auront besoin de ces compétences plus affinées. C'est simplement que dans la course. Au diplôme, il faut toujours plus de diplôme pour se classer par rapport aux autres, le diplôme et par excellence un bien positionnel. Il y en a beaucoup d'autres. Et ce que nous dit Fred hersch, c'est que dans une société riche, il écrit, je le rappelle en 1976, au terme de 30 années de forte croissance aux états-unis, dans une société riche de plus en plus, des biens que nous consommons ne sont intéressants que parce qu'ils permettent de nous distinguer par rapport aux autres et dès lors qu'ils se démocratise, c bien, dès lors que tout le monde a accès, assez bien, ces biens ne nous donne pas la satisfaction qu'on attend d'eux. La voiture est un bon exemple. Dans les années 60, la voiture était source d'émancipation de liberté et permettait de se distinguer les autres. La voiture aujourd'hui est source d'embouteillage de pollution urbaine. Elle est de plus en plus honteuse quand on possède une voiture, surtout une grosse cylindrée dans les villes, et elle ne permet certainement plus de se classer par rapport à ses voisins ou à sa belle famille. Et donc, ce que nous dit Fred, c'est qu'au fond, nous assistons à un croisement de courbe. À vrai dire, cette manière de présenter les choses vient d'un ancien cadre de la banque mondiale, Hermann del, qui est un des fondateurs de l'écologie économique ou de l'économie écologique. Excusez moi et qui montre ces deux courbes qui sont simplement des manières de faire comprendre son message. À mesure que l'on augmente la richesse, les impacts environnementaux sont plus importants. On brûle peu à peu le capital naturel dont nous disposons. Et vous connaissez évidemment les neuf limites planétaires dont cette aujourd'hui sont considérées comme ayant été franchie et à mesure qu'une société devient plus riche. L'utilité marginale, le plaisir qu'on retire d'une consommation supplémentaire se réduit. Moi, j'adore le vélo. J'ai un vélo en avoir un deuxième. C'est pas mal parce que parfois le vélo est est à réparer. On on. On est bien avoir un deuxième à sa disposition. Si jamais il faut mettre le premier, mais avoir un troisième à beaucoup moins d'utilité, un quatrième n'a plus de sens. Et à mesure qu'on accumule le plaisir de l'unité supplémentaire de consommation diminue le gain qu'on en tire diminue et finalement vient à un moment ou les courbes se croisent ou les effets négatifs de la croissance l'emportent sur les effets positifs. C'est ce qu'on appelle la contre productivité de la croissance. Je viens de faire, je viens de en juillet 2000 24, un rapport aux nations unies sur comment éradiquer la pauvreté sans croissance ou j'essaye de montrer que la croissance en fait, ne sert plus. L'objectif d'amélioration du bien être et qu'il faut travailler sur d'autres choses, notamment la réduction des inégalités et un autre rapport à aux écosystèmes pour améliorer le bien être. Alors les intuitions de Fred hersch et ont été confirmés à la même époque par un autre économiste totalement méconnu quant à lui, tibor kowski, professeur de Stanford, qui publie en cet ouvrage magnifique que je recommande à toutes celles et tous ceux d'entre vous qui se destinent à l'économie de lire de psychologie of human, satisfaction l'économie sans joie de les TI borski toski est le premier économiste. Si je mets des côté William Jones à la fin du siècle mais qui était vraiment une exception, mais pratiquement le premier économiste à s'interroger sur la psychologie. De la satisfaction de nos besoins, ce qu'on appellerait aujourd'hui si vous voulez les neurotransmetteurs du plaisir, c'est ainsi que parle aujourd'hui les neuroscientifically et le bouquin de tibor kowski part d'une distinction qui me paraît importante à rappeler entre le confort et le plaisir. Le confort, c'est quand on n'a pas de besoin non satisfait, on n'a pas faim, on n'a pas soif. La température est bonne, on est protégé du soleil, tout va bien. Et on s'ennuie. On s'ennuie le confort qui n'amène pas de changement. Finalement, on s'en lasse très vite. C'est comme quand on est pendant des heures à 120 kilomètres heure sur l'autoroute. C'est très ennuyeux. En fait. Par contre, quand on est à 30 kilomètres heure dans une agglomération et que tout d'un coup, on peut pousser sur le champignon et monter à 120, parce qu'on arrive sur l'autoroute. Ça, c'est un choc de dopamine et on a du plaisir. Ce n'est pas le confort. Ce que montre tibor kowski, c'est que en réalité, c'est le plaisir que nous recherchons. Nous cherchons à échapper à l'ennui. Si je me rappelle bien la première phrase de son bouquin, c'est the main problème of tu est ce bodom, l'ennui, l'ennui et ceux qui nous menace. Les gens ne savent pas te faire de quand tout leur confort est présent. Ils s'ennuient très vite. Donc ils cherchent des nouvelles sources d'excitation. Ils veulent le dernier modèle l'iphone. Ils veulent. La voiture qui est un peu au dessus dans la gamme. Ils veulent tester des nouvelles expériences et ils vont à Bali faire yoga pour se reposer des du travail parce que c'est la seule manière de vraiment trouver ce kick que donnent les expériences nouvelles qu'on peut traverser. On recherche du plaisir et si la croissance crée une influence satisfait des besoins mais ne donne pas en permanence cette nouveauté à laquelle on aspire, on va très vite s'ennuyer. Alors tibor toski n'était pas un neuro scientifique, mais Robert loustic, qui a travaillé beaucoup sur l'addiction au sucre, c'est ainsi que je l'ai rencontré il y a quelques années, a fait maintenant un livre intitulé de hacking of the american mind. Ou il montre exactement ça, c'est que les neurosciences nous montrent. Que le neurotransmetteur du plaisir qui déclenche ce qu'on appelle en termes un peu communs, le circuit, la récompense. La dopamine est activé en permanence quand on a des expériences nouvelles, mais plus la dopamine est activé et moins le neurotransmetteur transmetteurs du bonheur, la sérotonine peut fonctionner pour dire les choses de manière un peu brutale. Ce que montre Robert loustic, c'est que plus nous recherchons une excitation permanente, plus nous recherchons des expériences nouvelles, plus nous recherchons à échapper à l'ennui de nos existences et moins nous sommes doués pour le bonheur. Pour simplement s'arrêter et prendre conscience du fait qu'en réalité, nous nous sommes dans une société qui parvient à satisfaire l'essentiel des besoins et et ou il y a, il y a plein de rêves à faire et de choses à imaginer. Alors, ces auteurs que je viens d'évoquer, tibor kowski, Fred hersch, le rapport du it de 1972. Ce sont des critiques au début des années 70 de la croissance. Mais ce qui est paradoxal, c'est que ces critiques commençaient à être audibles par le monde politique au moment même où la croissance est devenue indispensable parce qu'avec la crise économique déclenchée par l'augmentation des prix de l'énergie en 1973 et tout d'un coup, les entreprises en grand nombre ont dû fermer ou se restructurer. Le chômage de masse a pris par surprise, les gouvernements, les déficits publics ont augmenté parce que moins de personnes contribué à l'impôt. Et il y avait plus de chômeurs et de chôme à compenser par des allocations de chômage. Et donc il fallait de la croissance pour des raisons macro économiques, parce que la dette publique devait être remboursée et parce qu'il fallait créer de l'emploi. Et donc c'est au moment même ou on se rend compte des limites environnementales et sociales de la croissance que la croissance devient indispensable à notre trajectoire sociétal. Et on n'est pas sorti de cela depuis maintenant 40 ans. On reste prisonnier de cette quête infinie de croissance qui pourtant nous rend malades et crée ces phénomènes de burn out que j'évoquais. Alors j'ai évoqué les inégalités. J'ai évoqué aussi la contre productive, la croissance. Je voudrais maintenant dire quelques mots sur la mérito gratie et la place que la mérito gratie joue dans nos sociétés. Et et je vais vous parler un peu de vous. La mérito gratie c'est évidemment pendant des années, une valeur qui a été connoté très positivement. Après tout, en France, on est sorti de l'ancien régime, un régime d'ordre avec vous. Vous rappelez la noblesse, le clergé, le tiers état, un régime de castes et évidemment, récompenser les gens en fonction de leur mérite, c'est à dire d'une combinaison de leur talent inné et de leur travail, de leurs efforts. C'était quelque chose de positif. Cet anthropologue Louis Dumont publie d'abord un livre sur les castes en Inde homo hiérarchique. En Inde en fonction de circonstances de sa naissance, son destin est fixé par le système des castes à l'époque ou il écrit. Et puis il a écrit un livre romo, genèse et épanouissement de l'idéologie économique. Ou il montre que dans les sociétés de marché, il en va tout autrement dans les systèmes de marché, les gens se classent en fonction de leur mérite. C'est des sociétés individualistes plutôt que istes. Et si vous lisez la déclaration universelle des droits de la déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789, vous verrez un article six qui dit que les emplois publics qui sont accessibles à tous, ils utilisaient encore un langage genré et ne seront attribués qu'en fonction des talents et des efforts des talents et des vertus. C'est ça, c'est en fait ça, c'est le talent et les fort, c'est ça la mtie. Donc c'est connoté très positivement, mais dans les années 50, des critiques ont commencé à se faire jour. La première vient de hanah arendt, que je n'ai pas le temps d'évoquer ici dans la crise de la culture, elle évoque cela et le critique le plus. Comment dire audible est Michael Yang qui publie en 1958 cet ouvrage the rise of the, qui est en fait un roman dystopie qui imagine une société où tous les postes dans l'économie dans la politique sont attribués en fonction du mérite, une mtie pure si vous voulez. Et le roman, en fait part de l'année 2030. Donc c'est une sorte de grand flash back qu'il propose en 2034, les populistes se sont révoltés contre les mérito grates parce que le monopole du pouvoir économique et politique par une petite caste de personnes considérées comme méritantes, les mérito grates étaient devenus intolérables. Pourquoi est-ce que Mike Liang écrit cela en 1958? Eh bien, parce qu'en 1944, avec une législation qui s'appelle le butler act, le Royaume-Uni avait mis sur pied un système mérito démocratique. D'ailleurs, sous un gouvernement labor, un gouvernement travailliste, le système était le suivant. À l'âge de 11 ans, on faisait passer les tests d'intelligence aux enfants, des tests de qui, si vous voulez et en fonction des résultats à ce test, on les classait dans différentes écoles. Les écoles d'élite, les gram Schools donnait un enseignement littéraire latin grec, philosophie. Bref, c'était l'élite politique. C'est un peu l'équivalent de science po, léna. Et puis il y avait les écoles qui s'appelait technical Schools. Je crois que c'est ça la terminologie qui était utilisée, qui formait aux mathématiques, à la chimie, à la physique, à l'économie, etc. Deuxième, si vous voulez, deuxième couche de l'élite. Et puis il y avait tous les autres. 85 % 80, les enfants étaient dans les écoles publiques, dites normales et on savait à l'âge de 11 ans quel serait le destin des enfants en fonction de l'enseignement qu'ils allaient suivre pendant leurs études secondaires. Et Mike Liang trouve ça incroyable que le sort de l'enfant se joue dès ce plus jeune âge. Et il écrit donc ce roman dystopie pour critiquer le fait que l'on aille vers une société ou les gens qui, à l'âge de 11 ans, ne sont pas considérés comme aptes sont voués à l'échec. Alors je voudrais proposer cette thèse sur le mérite et cette critique. La première critique est la plus classique et la plus facile. Elle consiste à dire très simplement. Une société qui attribue des places selon le mérite, est une société qui, en fait, ne crée pas une véritable égalité des chances parce que l'on ne part pas tous avec les mêmes chances dans la vie. Et oui, c'est vrai que dans nos sociétés contemporaines et la France est un exemple de cela, le capital économique, culturel et social est de plus en plus entre les mains des mêmes personnes. C'est à dire que les familles qui ont un patrimoine important et ou les parents gagnent des revenus importants, sont aussi les familles qui ont des réseaux sociaux permettant d'avoir un premier job, une offre de stage et et de pouvoir être inspirées par des exemples autour de soi. On appelle ça le capital social. Selon la terminologie de pierre bourdieu et c'est aussi les familles ou le capital culturel est le plus élevé. C'est des gosses qui ont été au musée. C'est des gosses à qui on a incité à lire, etc. Qu'on a encouragé dans leurs études. Et donc cette mérito gratie, si on y prend, garde, risque de déboucher sur une nouvelle société de caste. Alors la réponse à cela, évidemment, c'est de créer une véritable égalité des chances, c'est à dire de s'assurer que toutes les familles puissent avoir accès à des réseaux sociaux que les enfants issus de tous les milieux puissent avoir à la culture. Pour, au fond, créer une mérito gratie plus pure. Ça, c'est la réponse à la première critique. Mais il y a une deuxième critique qui est elle la plus radicale et qui consiste à dire que plus une société se rapproche d'une mérito gratie pure plus. Et c'est cela. Moi, je vais passer là dessus parce que je manque de temps. Plus on se rapprochee d'une mto gratie pure et plus celles et ceux qui sont en échec qui n'ont pas réussi. En dépit des dispositifs qui ont été mis sur pied pour créer une véritable égalité des chances se le verront reprocher quant à celles et ceux qui réussissent. Eh bien, ils se sentiront légitimes dans le rôle de leader de dominant parce que la société ayant créé les conditions d'une égalité des chances, bien, ils ne doivent qu'à leur propre talent et à leur propre effort. Le fait d'être des mérito grates. Et c'est ça la critique que formule le professeur de philosophie politique de Harvard, Michael sandel dans cet ouvrage. De t of merrit what become of the common good qui formule cette critique. C'est un peu un paradoxe, c'est que plus une société se rapproche de la mérito gratie pure, plus ses impacts pour les perdants d'une telle société sont importants parce qu'ils se reprochent de n'avoir pas réussi. C'est d'autant plus stigmatisant de ne pas réussir que les chances, en principe, de réussir étaient égales pour pour tous et pour toutes. Alors, une troisième critique du mérite, c'est que les dispositifs qui la mettent sur pied, en fait, renforce les inégalités. Parce que c'est en fonction des performances passées qu'on va anticiper les performances futures. On a des très bonnes notes, par exemple au collège ou au lycée. Cela permet d'avoir accès aux meilleures classes préparatoires et cela permet d'avoir accès ensuite aux institutions qui donnent les diplômes les plus prestigieux. En d'autres mots, plus on a eu de la chance au début, plus on hors de la chance tout au long de son parcours. Et de ce point de vue, là, on peut dire que c'est régressive. Pourquoi, après tout, ne pas donner les meilleures places dans les classes de prépa ou l'accès aux diplômes les plus prestigieux à celles et ceux qui, précisément parce qu'ils ont eu moins de chances dans la vie, ont des parcours atypiques et ont peut être des performances scolaires moins excellentes. Et en effet, la quatrième critique qu'on peut faire au mérite, c'est que les parcours atypiques sont des parcours qui sont peu valoris dans une société qui a une conception et très figée et scolaire du mérite. J'ai travaillé pas mal avec ath car monde, et on a fait notamment ce film. Ne dis pas d'où tu viens ou nous réagissons avec toute une série de personnes en grande pauvreté et qui montrent que dans les domaines de l'emploi, du logement, de la santé ou de l'école, le fait d'être pauvre est un handicap majeur, notamment parce qu'on subit des discriminations liées au fait qu'on n'a pas à les codes qu'on ne maîtrise pas bien la langue qu'on ne présente pas bien qu'on n'a pas une belle denture. Et le titre du film ne dit pas d'où tu viens. C'est le titre d'un des protagonistes de ce petit film documentaire qui me disait moi, quand je postule un emploi, je ne veux surtout pas révéler mon adresse parce que s'ils savent d'ou, je viens, eh bien, finalement mon origine populaire va se trouvait découverte trahie. Et ce monsieur vivait dans la terreur, dans la terreur, qu'on sache qu'il est pauvre. Il vivait dans un endroit mal desservi par les transports publics. Il craignait que si l'employeur découvre son adresse, l'employeur n'allait pas croire qu'il serait disponible pour travailler parce qu'il y a trois bus par jour. Que sais je et que le quartier a très mauvaise réputation. Donc il me disait moi, j'essaye de masquer mon origine. Et donc le fait d'être pauvre est un handicap en tant que tel et d'ailleurs réduit les chances de mobilité sociale. Mais je n'ai pas la possibilité de de vraiment m'attarder là dessus. Cinquième critique, c'est que le mérite comme critère d'attribution des places non seulement n'est pas favorable aux personnes qui échouent, qui ne n'arrivent pas à obtenir ces places parce qu'elles ne sont pas considérées comme assez méritantes, mais pour celles et ceux qui réussissent est aussi extrêmement problématique, parce que ce mérite est le résultat d'un investissement important dans le capital humain et que pour rentabiliser ce capital, on se force à des existences qui épuisent. C'est la critique que fait Daniel markovitz. C'est un professeur à de la faculté droit de l'université de yale dans cet ouvrage de Mary trap, où il décrit de manière saisissante comment les enfants de l'élite aux Etats-Unis qui ont fait les parcours de Ivy League à Harvard, à yale, à Stanford ou m, qui monopolise les postes d'influence dans l'économie américaine et dans la politique en fait mènent des existences qui les épuisent, qui réduisent à peau de chagrin leur leur vie familiale et leur capacité d'investissement dans des causes collectives. Et il décrit ces gagnants de la mai de croie comme finalement soumis à une forme perverse d'esclavage. Pourquoi? Parce que dans l'ancien régime l'aristocrate qui avait des terres, le grand propriétaire foncier. Ces terres, il pouvait les louer à des fermiers qui lui payaient un loyer modeste ou une partie de la récolte en compensation et l'aristocrate pouvait vaquer à ses occupations. Il pouvait avoir une vie de loisirs force v en 1899, vous le savez, publie derrière un livre de classe de the class qui décrit cela. Mais aujourd'hui, les gens qui travaillent chez Goldman Sachs ou dans les grands cabinets d'avocats que je connais un peu comme juriste ou qui travaillent dans des dans les grands des grandes banques d'investissement, c'est pas comme les aristocrates oisifs d'anciens régime. Ce sont des gens qui s'épuisent au travail parce que le capital dont il dispose n'est rentabilisé que par un sur investissement dans le travail. Et donc ce que dit marko, qui lui-même est un pur produit de la aristocratie. C'est que la mérito gratie non seulement est problématique pour celles et ceux qui échouent, mais elle est problématique aussi pour celles et ceux qui réussissent. Et il dit au fond de plus en plus, sa société se distingue entre ceux et celles qui ont des des glomy jobs, des jobs précaires mal payés peu valorisées et celles et ceux qui ont des jobs, les gl jobs, ce sont celles et ceux qui ont des jobs qui sonnent bien, qui sont très bien payés, mais qui, en fait rendent malheureux et qui donnent le sentiment d'inutilité. En fait, ce n'est pas nouveau, max Weber dans son son ouvrage le plus important, l'éthique protestante et l'esprit du capitalisme publié, vous le savez, en 1905, la version française est une traduction de la version de 1920. Nous parle déjà de cela. Max hobert nous parle d'une cage dans laquelle le capitalisme nous a enfermés. Parce que nous sommes tous en quête de performance de compétitivité et on doit constamment se remettre en question constamment, être plus performants en plus compétitif. Pourquoi? Parce que d'autres vont, sinon vous doubler, prendre votre place et pour rester dans la course, pour demeurer aussi performant et compétitif qu'il le faudrait. On est obligé, finalement de sacrifier toute sa vie en permanence à améliorer sa performance. Max Aubert appelle ça la se intra mondaine ou il fait la comparaison avec l'existence des moines qui consacrent toute leur vie à dieu. Eh bien, L'entrepreneur capitaliste consacre toute sa vie au travail dans une veine, dans une même forme d'ascèse et de sacrifices de soi. Et c'est la raison pour laquelle je trouve que la sculpture de gauche illustre bien le message principal de max Weber. Vous savez, max webert, il fait partir le début du capitalisme de cette anecdote. C'est un fils de un fils de marchands de toiles de textiles qui, au lieu de faire comme son père, qui avait ses fournisseurs, qui avait ses clients et qui payaient les fournisseurs et facturés aux clients au prix qui était toujours convenu, qui ne changeait pas tout d'un coup, ce fils se dit mais je vais payer mes fournisseurs un peu mieux pour que les fournisseurs qui fournissent mon concurrent. Me fournissent moi, je vais facturer mes clients un peu moins chers pour attirer davantage de clients. Il suffit d'une personne qui fasse cela et tous les autres sont obligés de s'aligner. Tous les marchands de tissus par la suite vont devoir payer les fournisseurs. Mieux vont devoir écouler leurs produits un peu moins chers aux clients. Sinon, c'est très simple. Ils sont obligés de ferme me boutiques. Et donc ce fils de marchands de tissu déclenche un mouvement qui enferme chacun et chacune dans un cosmos économique. L'expression de max Weber qui finalement est auto destructeur, sixième critique, c'est que le mérite comme critère, prédominant, voire exclusif d'attribution des places, conduit à ce que les salaires ne correspondent pas à l'utilité sociale. Alors l'âge s'entre dans un territoire, évidemment un peu un peu délicat. Mais une étude de la New economics foundation think progressiste de Londres a tenté dans l'étude s'appelle be Rich calculating the will value. Tout society of d professions a tenté de calculer la différence entre les salaires que les gens perçoivent et l'utilité sociale des métiers, les externalités positives ou négatives, si voulez de ce qu'ils font comme tache, je prends l'exemple peut être le plus frappant les conseillers fiscaux, cinquième profession sur ces cette slide que vous avez sous les yeux. Les conseillers fiscaux qui, au fond, sont des gens qui connaissent très très bien le code des impôts et qui conseillent leur client quant aux tactiques d'évitement de l'impôt et de d'optimisation fiscale, eh bien, coûtent cher à la société parce qu'ils permettent aux plus riches de payer le moins d'impôts possible. Ce sont les plus riches qui peuvent se permettre les services de conseillers fiscaux. Et ils sont très bien payés ces conseillers fiscaux. Et donc, pour chaque livre sterling que l'on paye, un conseil fiscal selon les calculs, a lieu de la New foundation, la société perd 47 livres sterling, de même pour les banquiers. De même pour les publicitaires, de même, pour les traders en bourse, leurs salaires sont élevés, mais la dé utilités sociales, les externalités négatives pour la société de leur job sont considérables. Et ce sont des calculs que propose la New eco foundation. Par contre le travail des puériculture ou des puéricultrice qui s'occupent des enfants maternels, le travail des techniciens de surface technicienne de surface qui viennent nettoyer les bureaux entre cinq et sept heures du matin ou qui nettoient les hôpitaux. Pour éviter qu'ils ne contaminent des patients. Ce travail là a des personnalités positives très considérables. Et là encore, la New economic foundation fournit des estimations en comparant les salaires relativement faibles de ces personnes que je viens de citer avec les bénéfices que la société tire de leur labeur. l'OIT a publié après la crise de cover 19, une étude, la valeur du travail essentiel montrant que les jobs essentielles dans les domaines de la santé, de l'éducation et d'alimentation étaient en moyenne payées 25 % de moins, en tenant compte des compétences, des diplômes, etc. Que les jobs moins essentiels, cela aurait dû nous alerter, mais en réalité, les choses n'ont guère changé depuis. Alors pourquoi cet écart entre les salaires et l'utilité sociale des métiers? J'ai fait un rapport là dessus pour les nations unies ou je mets en avant. Trois explications, puis j'en cite une quatrième, un peu à titre de clin d'oeil. La première explication, c'est que les salaires aujourd'hui essentiellement, dépendent de ce que les clients sont prêts à payer. Le banquier qui fait des crédits à des particuliers et qui veulent acheter une maison ou à une entreprise qui veut investir est quelqu'un de de bien payer. Et il est bien payé. Pourquoi? Parce que les clients auxquels il a affaire sont des gens qui peuvent bien payer. Et c'est encore plus vrai. Des banquiers privés qui gèrent des portefeuilles de titres importants dont les clients sont riches. Et les traits de rembourse sont très bien payés. Or, le travail qu'ils font très honnêtement, on pourrait être fait avec autant d'efficacité. Cela a été montré souvent par des ordinateurs qui. Mise au hasard sur les actions du quatre 40, mais ils sont très bien payés parce qu'il y a des clients qui sont prêts à payer beaucoup pour leurs services. Par contre, l'infirmière l'instituteur ou l'institutrice, l'assistant sociale ou l'assistante sociale dont les clients entre guillemets, sont des ménages en pauvreté, sont mal payés. Pourquoi? Mais parce que le public auquel ils s'adresse n'a pas les moyens de les rémunérer mieux. Et pourtant, croyez moi, j'ai trois enfants. Et pour moi, la qualité de l'accompagnement dont il bénéficie à l'école par des instituteur, des professeurs dévoués est au moins aussi important que la qualité des des conseils que peut donner un conseiller fiscal. Donc le salaire tient compte de la demande et ne tient pas compte des besoins sociaux. Deuxièmement, et ça, c'est l'explication que que donne David grber dans bullshit jobs et pas mal de jobs sont bien payés, voire très bien payés pour compenser l'ennui qu'on y ressent ou le sentiment de culpabilité qui vous hante quand on a ces boulots. Mon beau frère est un cadre très, très supérieur chez total énergie. Il est très bien payé. Je soupçonne qu'une partie de ce salaire vient du fait qu'on compense par là la mauvaise réputation de cette boîte auprès de celles et ceux qui veulent s'investir dans le développement durable. Troisième explication, c'est que parmi les travailleurs et travailleuses précarisés, Avec une faible qualité de diplôme, voire pas de diplôme du tout avec des parcours atypiques accidentés, etc. Le pouvoir des négociations est faible dans une société ou le statut du salarié ou de la salarié a été peu à peu détricoté et ou on est dans une société qui n'est même plus du salariat exploité et mais du précariat de gens qui passent de petits jobs en petits jobs qui ne sont pas syndiqués, qui n'ont pas de statut de salariés avec tous les droits qui y sont attachés. Et cela me paraît aussi important. Finalement, bien que les économistes vous expirons, que vous expliqueront que le salaire, c'est le résultat de la rencontre de deux courbes de l'offre et de la demande sur le marché du travail et que c'est ce point d'équilibre qui définit salaire. Vous savez, et moi, je sais qu'en réalité, le salaire, c'est de la négociation. C'est des rapports de force. Tout dépend de l'intérêt que l'employeur a à vous employer. Tout dépend des alternatives que vous avez vous quand vous allez lui rendre visite. C'est une question de rapport de force. Et quand le rapport de force n'est pas en faveur de celui ou celle qui n'a que de faibles diplômes qui n'a pas de réseaux sociaux qui n'a pas grand chose à apporter que ça, sa différence est bien, il est difficile d'obtenir un salaire décent. Enfin, un quatrième explication, on, c'est que beaucoup de jobs utiles socialement, ce que l'OIT appelle les jobs essentielles tels qu identifiés par la crise de 19, qui a été une sorte de révélateur de ce point de vue. Là, beaucoup de ses jobs essentielles ont été en fait historiquement des jobs féminins. Et les femmes au début quand elles sont rejoints en masse, la vie professionnelle, après s'en être retirées au début du XXe siècle, pour celles qui en avaient les moyens et ont occupé des jobs avec des salaires d'appoint, on appelait ça le salaire d'appoint. C'était complémentaire du salaire du mari qui lui gagnait l'essentiel de l'argent du ménage. Et donc les salaires associés au travail féminin étaient des salaires plus faibles. Ils le sont largement restés depuis ces jobs utiles socialement sont des jobs ou il y a une certaine sur représentation des femmes encore aujourd'hui. Enfin, je termine par une septième et dernière remarque, c'est que dans une société où la mérito gratie l'emporte sur tout le reste, la décision n'est pas optimale. La décision est prise par un même ensemble de gens formé par les mêmes professeurs dans les mêmes écoles au départ des mêmes paradigmes, ce qui n'est pas particulièrement propice à des solutions imaginatives et ce qui ne permet pas nécessairement de se rapprocher de certains publics précarisé vous avez peut être vu. Ce documentaire a chaussée sans les codes merveilleux documentaires. Vous avez vu Isabelle Tom et d'autres qui sont des et des élèves des étudiants de ha qui distillent dans leurs propres mots vivre entre deux mondes, le monde d'origine avec le papa, poissonnier avec cette passion pour le foot, etc. Et puis ils sont plongés dans une école prestigieuse de commerce qui. Non seulement va valoriser le travail, mais va aussi valoriser des codes culturels, des manières de s'exprimer, des manières d'utiliser l'anglais et de se positionner par rapport à la société qui sont des codes qui sont en fait inculqués par le milieu, d'où l'on vient très souvent et qu'il est difficile d'acquérir comme ça sur le ta de cela que parle ce merveilleux documentaire? Ce que je voudrais dire, c'est que ces étudiants étudiantes, qui sont à ha chaussée l'école de commerce, sans doute la plus prestigieuse de France et qui viennent de milieux précarisés qui font la fierté de leurs parents, de leurs voisinage, de leur communauté. Ce sont des étudiants, des étudiantes dont on doit valoriser l'apport, pas leur demander de se fondre dans un moule. Pas leur demander d'acquérir des codes, mais demander comment on peut apprendre deux et d'elles. Emile servan schreber dans un livre intitulé super collectif, démontre comment la décision est meilleure quand elle est fondée sur la diversité, la pluralité des perspectives. Et il nous dit, c'est un spécialiste des marchés prédictives. Je vous passe ces détails techniques, mais il nous dit au fond la bonne décision aujourd'hui dans un monde complexe et dynamique qui change tout le temps, est une décision qui il a résulter de l'intelligence collective qui fait de la diversité un atout et non pas un handicap qui se refuse à uniformiser les points de vue, mais qui, au contraire, valorise l'indépendance d'esprit. Et il nous dit, il y a trois ingrédients. L'indépendance d'esprit dans l'équipe, il faut encourager les gens qui ont des points de vue divergents à s'exprimer plutôt qu'à réprimer leur point de vue minoritaire. Il faut au deuxièmement s'informer, non pas à partir des manuels d'économie politique, mais sur le terrain, à partir de l'expérience vécue des gens et pour travailler pas mal avec les gens en grande pauvreté. Je peux vous dire que ce sont elles, ce sont eux. Ce sont ces personnes là qui m'ont appris tout ce que chez sur la pauvreté. C'est un savoir qu'il faut non pas mépriser ou dévalorisé, mais au contraire, valoriser. Et puis troisième ingrédient, c'est cultiver la variété des points de vue, encourager cette diversité, voire celle ci comme un atout. Et de là peut venir l'intelligence collective et notre capacité collectivement à rés, réserver les problèmes. Ce n'est pas, c'est l'inverse d'une approche technocratique descendante à partir d'une modélisation du monde. Je termine avec trois conclusions. La croissance ne fait pas le bonheur. Je crois profondément qu'elle nous rend aujourd'hui malade. Elle est une des causes du phénomène de burnout qu'on voit partout dans la société de phénomènes de dépression, d'anxiété qui notamment, touchent les plus performants parce qu'ils sont forcés d'être constamment en concurrence les uns avec les autres, elle épuise les élites. Deuxièmement, la diversité des parcours et des perspectives doit être vue comme un atout, non pas comme un retard, une incapacité à s'approprier les codes ou une dissonance, non, c'est quelque chose que nous devons que vous devez cultiver. Ne fût ce que pour. Élargir votre imagination. Et troisièmement, et j'en reviens donc à har la vie épanouie. La vie sereine passe par un rapport au monde qui se refuse à voir celui-ci simplement comme une ressource à exploiter pour du profit et un rapport aux autres qui ne voit pas seulement les autres comme des atouts dans une carrière, des instruments au service de vos propre fins, mais des gens dont on peut apprendre qui peut vous émouvoir et qui peut être sont des gens dont on peut tomber amoureux. Je termine par une citation qui est un peu longue mais qui en fait dit bien mieux que je ne saurais le faire, ce que j'ai envie de vous faire passer comme message, c'est un message de corneus cast magnifique philosophe. D'origine grecque naturalisée français décédé en 1996. Il dit ceci, il écrit en 1975, compte tenu de la crise écologique de l'extrême inégalité et de la répartition des richesses entre pays riches et pays pauvres de la quasi impossibilité du système de continuer sa course se présente. Ce qui est requis est une nouvelle création imaginaire d'une importance sans pareille dans le passé, une création qui mettrait au centre de la vie humaine d'autres significations que l'expansion de la production et de la consommation qui poseraient des objectifs de vie différents pouvant être reconnu par les êtres humains comme valant la peine. Cela exigerait évidemment une réorganisation des institutions sociales, des rapports de travail, des rapports économiques, politiques culturels. Or, cette orientation est extrêmement loin de ce que pensent et peut-être de ce que désirent les humains aujourd'hui. Telle est nous dit il l'immense difficulté à laquelle nous avons à faire face. Nous devrions vouloir une société dans laquelle des valeurs économiques ont cessé d'être centrales ou unique, ou l'économie est remise à sa juste place comme un simple moyen de la vie humaine et non comme fin ultime. Une société dans laquelle donc on renonce à cette courses folles vers une consommation toujours accrue. Je vous remercie. La question. On a 10 minutes pour question qui a question les réactions, pas. Merci. Merci. Bonjour. Vous parlez de la mérito gratie des dangers de lattie, mais est ce qu'il y aura une alternative ou des solutions que seriez proposées pour nous. Oui, c'est une super question parce que je crois que la seule alternative véritable, c'est d'accepter une pluralité des manières de juger les parcours des gens et d'attribuer les places, la mérito gratie à une place, il ne faut pas, il ne faudrait pas qu'elle prenne toute la place parce que cela s'est donné une prime trop importante à celles et ceux qui ont la chance de réussir dans un système mérito démocratique. Et donc, oui, je crois que le défi que vous nous lancez est vraiment celui qui aujourd'hui se présente à nous pour éviter que la démocratie, que la mérito se retourne contre elle même. Et finissent par finalement non seulement créer une réaction des populistes comme comme dans le roman de Michael Liang, mais en outre, épuisent ces et ceux qui réussissent eux mêmes. Je pense qu'une une pluralité des voix à travers lesquelles réussir dans la vie économique, politique ou militante serait souhaitable. Par exemple, dans les entreprises, les grandes entreprises. On a maintenant des mesures depuis des années, à vrai dire d'action positive en faveur des femmes et on a maintenant une directive européenne qui prescrit que les conseils d'administration des entreprises cotées en bourse doivent comprendre au moins 40 de femmes. Mais faisons la même chose. Pour des hommes ou des femmes issus de de milieux populaires ou qui ont des espérances de vie tout à fait différentes qui ne sont pas couronnées par par des par des diplômes de de haute école commerciale, par exemple. Et donc je crois qu'une pluralité des portes d'entrée permettant à chacun de faire valoir son parcours de vie comme un atout dans le déploiement de cette intelligence collective, c'est peut être ça dont on a besoin. Bonjour moi, je me demandais si vous nous avez parlé d'un monde ou avec une contre productivité de la croissance et vous avez envisagé des manières de réduire la pauvreté sans la croissance est ce que vous pourriez étayer ces manières, s'il vous plaît. En fait, c'est un, c'est un projet qui part d'un rapport que j'ai remis aux nations il y a un an et qui maintenant débouche sur une grande alliance qui réunit des agences des nations unies, des ONG, des syndicats, des des académiques, pour réfléchir à la manière de lutter contre la pauvreté sans croissance. Et on essaye, à travers cette très grande alliance, d'influencer les objectifs de développement pour la période deux mille trente deux mille quarante cinq qui vont succéder des objectifs de développement durable. Le défi majeur, c'est de sortir de l'idée que la pauvreté doit passer par une approche en trois phases, création de richesse, croissance économique, taxation des entreprises et des ménages les plus riches, et puis redistribution par le financement des services publics et la protection sociale. C'est ça la recette classique de lutte contre la pauvreté. Et ça ne marche plus en particulier parce que la croissance économique, que vous le vouliez ou non, on pourrait en débattre longuement, mais forcément augmente le métabolisme de l'économie, c'est à dire sa consommation d'énergie et de matière. La croissance verte est un mythe dans lequel, personnellement, je ne crois plus. Et donc il faut d'autre manière de réduire la pauvreté que celle là. Mais comment financer des mesures qui permettent de protéger. Les gens contre les risques de l'existence de financer la protection sociale ou de financer des métiers qui doivent être mieux valorisés et et mieux payés. Cela suppose des une fiscalité qui ne reposent pas sur les revenus ou sur les profits des entreprises, parce que sinon, on dépend de ce que les entreprises fassent du profit pour financer les services que l'etat rend à la population. On dépend de ce que les ménages riches réussissent bien parce que c'est eux qu'on va taxer non. L'idée est de taxer ce qu'on appelle en anglais de Hill the economy. Donc les mots de l'économie, par exemple, toute l'industrie extractive, toute la consommation qui nuit à la santé, taxer le patrimoine des ménages les plus riches plutôt que les revenus des travailleurs ayant des revenus élevés. Et donc il y a toute une réflexion sur. Les sources de financement permettant de financer la lutte contre la pauvreté sans dépendre de l'augmentation infinie du PIB. Je donne simplement un exemple, c'est que sous la présidence du Brésil du g, le Brésil avait demandé le gouvernement brésilien avait demandé à un économiste français, d'ailleurs Gabriel zucman, qui enseigne à Berkeley un rapport sur la taxation des ultra riches et un des chiffres que zucman a mis sur la table, ce que si ont accès les 3000 personnes qui sont milliardaires en dollars aujourd'hui, ça suffirait amplement à financer la protection sociale, le déficit de financement de la protection sociale pour 811 000 000 de personnes dans le monde. C'est la population de l'ensemble des pays à faible revenus pour dire les choses autrement, l'universalisation de la protection sociale. Pourrait être financée uniquement en imposant une taxe de deux à trois de leur patrimoine aux 3000 personnes les plus riches dans le monde. Donc, il y a plein de possibilités, mais ça demande un peu d'imagination et surtout un peu de courage politique. Mais donc c'est une réflexion difficile et elle est d'autant plus difficile qu'à l'échelle mondiale, il faut tenir compte du fait que beaucoup de pays ont encore besoin de croissance pour investir dans les infrastructures, dans les écoles, dans les hôpitaux, etc. Quand ils n'ont pas déjà investi dans cela. Donc, la cure d'amaigrissement que peut être dans les pays riches, on devrait faire doit aller de pair avec une un développement, y compris par une croissance du PIB dans les pays pauvres. Et donc il faut rompre ces dépendances des uns sur les autres. Mais voilà ça. C'est un peu les données de l'équation en termes très, très généraux et on travaille là dessus. On espère déboucher sur une feuille de route. C'est ainsi qu'on appelle cela au printemps 2026. Bonjour, je suis là. Je voulais revenir sur l'idée que les sociétés plus égale le marchaient mieux face aux défis sociétaux qu' de société plus égale. C'est des sociétés ou l'état redistribué pour favoriser cette égalité. Ou bien c'est des sociétés qui sont égale un peu spontanément. Et donc est ce qu'il y a forcément un rôle de l'état dans cette réponse au défi par l'égalité. Oui. Oui, donc l'égalité suppose que l'état, par des une fiscalité progressive et et par un financement de la protection sociale des services publics, joue son rôle de redistributor. Le problème dans lequel on est pris, et c'est le sens de la réponse que je faisais à votre collègue et un instant, c'est que un état qui dépend pour financer les politiques de redistribution au nom de la lutte contre les inégalités, qui dépend de la croissance économique infinie, est en quelque sorte pris en otage par les acteurs économiques qui ont besoin de croître, d'augmenter leur chiffre d'affaires, d'augmenter leurs profits. Parce que l'état doit se reposer sur ses acteurs pour financer ses politiques. Et donc l'état est un peu pris en otage. Il veut à la fois redistribuer, mais il sait en même temps qu'il ne peut pas imposer trop de contraintes aux entreprises. Il ne peut pas imposer une fiscalité trop lourde parce qu'il va faire fuir les investisseurs, etc. Et donc tout le défi pour, pour ma petite équipe et moi, c'est comment faire pour que l'etat continue à remplir sa fonction distributrice sans en même temps, être pris dans cette contradiction de devoir stimuler la croissance tout en reant juste assez pour que les écarts de richesse ne deviennent pas trop importants. C'est une équation qui n'est pas facile, je dirais simplement ceci, c'est que pendant un siècle, pratiquement la gauche et la droite s'opposaient. Sur deux questions, comment créer la croissance? Il y avait pour la gauche la recette keynésienne de stimulation par la demande et des plans d'investissement et l'augmentation des salaires, etc. Il y avait la recette à droite qui était une recette de libéralisation des marchés de stimulation de la concurrence, une réduction des déficits pour créer la conscience pour les investisseurs. Donc, il s'opposait sur comment créer la croissance. Il s'opposait droite et gauche sur la manière d'en redistribuer les fruits. Tous les débats des années 50 et 60, c'était le partage des fruits de la croissance était le langage des organisations syndicales. Et moi, ce que je dis, c'est que la gauche et la droite, on ceci en commun que l'une et l'autre mise sur la croissance, et ce par là, me paraît aujourd'hui trop risqué pour une planète. Aux frontières qu'on a déjà franchies aux limites qu'on a déjà franchies. Et donc, et d le défi, comment répondre à ce rythme, c'est besoin de réduire les inégalités à la pauvreté sans sans croissance. Comment sortir de cette opposition à gauche droite? Bonjour pourquoi vous croyez plus à la croissance verte? Alors les études dont on dispose montrent que certains pays, pendant certaines périodes, on réussi à augmenter le PIB, c'est à dire à réussir à croître économiquement tout en réduisant les émissions de gaz à effet de serre responsables du réchauffement de la planète. Et sans doute c'est à cela que vous avez. C'est cela que vous avez l'esprit. La Belgique, la France, réussissent depuis quelques années, mais ce sont les pays dont le volume des émissions de gaz à effet de serre par habitant sont les plus élevés qui réussissent cette reconversion et par ailleurs, les émissions de gaz à effet de serre. C'est une des neuf limites planétaires, la réduction de la biodiversité, la pollution ou les pollutions diverses, la question des cycles de l'azote ou du phosphore, etc. On a toute une série de limites planétaires qui elles sont continuellement en train d'être franchies et on n'a pas d'exemple de pays qui, tout en maintenant une croissance économique normale, a réduit son empreinte environnementale. Si on tient compte de toutes ces limites. Voilà, c'est ça simplement que je dis, c'est que la croissance verte, si on imagine une croissance de la richesse qui n'augmente pas l'utilisation de matériaux ou d'énergie, ça ne s'est pas encore vu. Alors ça peut s'imaginer, dans une certaine mesure, la dématérialisation de l'économie est favorisée par la digitalisation de l'économie ou la numérisation de l'économie pour parler en bon français. Mais même cela suppose l'accès à terres rares, même ces systèmes sont très énergivores. Pensez par exemple à l'impact sur la consommation d'énergie de l'intelligence artificielle. Donc oui, je n'y crois pas. Et je pense que la croissance verte très à la mode aux nations unies est une manière pour les économistes de dire on n'a pas besoin de réinventer la micro économie sans croissance parce que les ingénieurs, les techniciens, vont trouver les bonnes solutions. Et c'est une manière pour les politiques de se défausser sur leurs responsabilités. C'est ce qu'on appelle le techno optimisme. Oui, ok, comment est ce qu'on fait quand on sort chez c? Paris, une école très mérite. D'autres qui forment 40 de personnes qui vont bosser en finance dans le conseil sont avec 70 zéro, 70 zéro d'emprunts sur le dos à la sortie pour pas finir dans ces métiers dont vous avez parlé avant qui ont finalement un impact négatif de la société très bien valorisé et finalement qui qui contribue à cette croissance négative. Mais moi, je n'ai pas de conseil à vous donner, je, je crois que ce que ce que tous les sondages montrent, c'est qu'aujourd'hui le salaire est encore un critère, surtout en France, un critère important de choix dans les parcours professionnels, mais ce n'est pas le seul et c'est de moins en moins le plus important. Et les études, en tout cas à l'échelle européenne, montrent que les jeunes de votre génération sont en quête de sens et veulent faire des métiers qui ont du sens et dont ils peuvent être fiers. Voilà. Alors je crois que votre diplôme est un atout majeur parce que vous avez dans les cercles de dirigeants et de dirigeants qui comptent une grande crédibilité, vous parlez leur langage, vous connaissez leur code, vous vous avez une porte d'entrée dans ces réseaux là. Et donc vous avez entre vos mains un instrument extraordinaire, à condition de ne pas perdre de vue l'objectif que vous vous fixez, c'est à dire de quitter le monde dans un état un peu meilleur que l'état dans lequel vous l'avez trouvé grâce à votre action. Et si c'est ça votre cap, votre diplôme est un atout majeur parce que vous serez pris au sérieux par celles et ceux qu'il faut pouvoir rallier à votre à votre cause ou enrôler à votre cause si vous voulez voulez. Voilà. Alors je pourrais citer des exemples de gens qui sont en finances durables chez Deloitte, par exemple, ou qui ont réussi à changer la culture d'entreprise dans certaines multinationales et ont réussi à dans ces cercles extrêmement oui mérito démocratique et et sélectifs finalement amené de la diversité et des changements de perspectives. Ce n'est pas la voie la plus facile. Ça demande beaucoup de confiance en soi, mais ça demande surtout à pouvoir créer des des rapports avec les ce monde là qui supposent patience, diplomatie et est tac. Mais je vous le souhaite en tout cas, c'est un magnifique défi que vous venez de nous lancer. C'est.