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Sustainability & Organizations Center

Pourquoi la décarbonation est le nouveau levier de compétitivité des entreprises

À l’occasion de la nouvelle édition de BIG (Bpifrance Inno Génération) réunissant des milliers de dirigeants et d’entrepreneurs à l’Accor Arena, François Gemenne, professeur et directeur associé pour le climat au centre S&O d’HEC Paris, est intervenu pour réinterroger la place de la transition écologique au cœur des modèles économiques.

 

Alors que les politiques de transition font face à un rejet grandissant — souvent désigné sous le terme de backlash —, perçues à tort comme une addition de contraintes, de coûts et de risques pour la compétitivité, les faits et les évolutions géopolitiques récentes démontrent exactement l'inverse.

Déconstruire les préjugés : 3 leviers économiques et stratégiques

Au-delà des arguments environnementaux, la décarbonation est devenue la clé de voute de la résilience et de la souveraineté économique à travers trois enjeux majeurs :

1. Le coût et la maîtrise budgétaire
La dépendance aux énergies fossiles constitue un risque financier direct pour les budgets des ménages, des entreprises et des États. En 2025, la facture d'importation de pétrole et de gaz naturel liquéfié pour les gouvernements européens s'est élevée à près de 500 milliards d'euros. L'accélération observée sur le marché des véhicules électriques (42 % des ventes neuves en France en septembre) témoigne d'un arbitrage économique pragmatique de la part des usagers face à la cherté des carburants.

2. La compétitivité internationale
Aujourd'hui, sur 3 euros investis dans la transition énergétique à l'échelle mondiale, 2 euros le sont en Chine. Ce choix stratégique ne relève pas d'une posture idéologique, mais de la volonté de garantir à l'industrie chinoise une électricité abondante, bon marché et décarbonée. Dans un XXIe siècle axé sur l'électrification, la maîtrise d'une énergie propre est la condition sine qua non de la compétitivité industrielle.

3. La souveraineté et l'indépendance géopolitique
Avec un taux de dépendance aux importations d'énergies fossiles atteignant 51 % en France, et dépassant 75 % en Allemagne et en Italie, l'Europe s'expose à une vulnérabilité géopolitique critique. Réduire cette dépendance par l'électrification et l'efficacité énergétique est avant tout un plan d'indépendance et de sécurité nationale.

Transformer la contrainte en projet d'avenir

Historiquement présentée sous l'angle du sacrifice, la transition écologique doit être appréhendée comme un véritable projet stratégique d'entreprise. Dans l'économie de demain, plus circulaire et bas carbone, les organisations ancrées dans les modèles fossiles risquent le décrochage.

« La transition est évidemment bonne pour le climat, mais elle est aussi et avant tout bonne pour le pouvoir d'achat, la compétitivité de nos entreprises et la souveraineté de l'Europe. »

— François Gemenne

Pour aller plus loin, consultez le dernier baromètre Carbon Footprint Radar, consacré à la manière dont les entreprises mesurent et pilotent leur empreinte carbone.