Un expert d’HEC Paris reste engagé en faveur de la science du climat malgré l’incertitude entourant le calendrier du GIEC
Alors que l’incertitude plane sur le calendrier et le budget du prochain rapport d’évaluation du GIEC, Fernando J. Díaz López, Directeur exécutif pour le Climat au Centre Sustainability & Organizations (S&O) d’HEC Paris, a rejoint plus de 220 autres auteurs pour réaffirmer leur engagement à fournir des connaissances scientifiques indépendantes afin d’éclairer l’action climatique.
« En tant qu’auteur du GIEC, je fais partie d’un groupe d’experts véritablement attachés à la science et à son rôle pour éclairer les décisions importantes de notre société », déclare Fernando J. Díaz López.
Auteur principal du Septième Rapport d’évaluation (AR7) du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat, Díaz López contribue au chapitre sur l’industrie du Groupe de travail III, qui évalue l’atténuation du changement climatique. Ses travaux examinent les options permettant de réduire les émissions industrielles, notamment par l’innovation, l’efficacité des matériaux et la circularité.
Faire avancer l’évaluation en Thaïlande
Lors d’une récente réunion organisée par l’Institut asiatique de technologie en Thaïlande, Díaz López a rejoint près de 200 experts de 79 pays pour faire avancer la contribution du Groupe de travail III à l’AR7.
Organisée du 28 septembre au 2 octobre 2026, la réunion a rassemblé les auteurs afin d’affiner les projets de chapitres, de renforcer les liens entre les différentes parties du rapport et de préparer le Premier projet (First-Order Draft) en vue de l’examen par les experts. Cette évaluation collective vise à donner aux décideurs politiques une compréhension rigoureuse des options disponibles pour atténuer le changement climatique.
Pour Díaz López, avoir été témoin d’inondations pendant son séjour a rendu les conséquences du changement climatique immédiatement tangibles, tout comme les nombreux événements climatiques extrêmes survenus cette année seulement. Cela a également renforcé l’urgence de relier les connaissances scientifiques à l’action.
« De nombreuses solutions de décarbonation existent déjà et doivent être déployées à plus grande échelle, tandis que nous accélérons le rythme de l’adaptation et de la résilience », souligne-t-il.
Un engagement collectif malgré l’incertitude
La réunion a été suivie d’une période d’incertitude au niveau intergouvernemental. Le 16 octobre, la 65e session plénière du GIEC à Addis-Abeba a été suspendue, laissant en suspens le calendrier des trois contributions des Groupes de travail ainsi que le budget du GIEC. La session doit reprendre afin de statuer sur les décisions en suspens.
En réponse, Díaz López a signé la lettre ouverte « We will keep working » aux côtés de plus de 220 autres auteurs de l’AR7. Les signataires réaffirment leur détermination à continuer de produire une évaluation rigoureuse, opportune et inclusive.
« Il s’agit d’une lettre signée à titre personnel, qui ne représente aucune position institutionnelle ou politique », explique-t-il.
Cet engagement repose sur un effort bénévole considérable. Les auteurs du GIEC évaluent les données scientifiques en plus de leurs responsabilités professionnelles habituelles.
« Ce travail est non rémunéré et s’ajoute à nos activités de recherche, d’enseignement, de mentorat et à nos autres obligations professionnelles, exigeant souvent de lourds sacrifices sur notre temps personnel et notre vie de famille », souligne Díaz López.
Intégrer les connaissances scientifiques dans la prise de décision
La contribution de Díaz López reflète l’engagement d’HEC Paris en faveur d’une recherche qui éclaire la transition climatique. Comprendre comment les industries peuvent réduire leurs émissions, ainsi que les conditions qui permettent aux solutions de se diffuser, est au cœur de cette démarche.
Alors que les discussions sur le calendrier de l’évaluation se poursuivent, son engagement à faire avancer les travaux scientifiques reste inébranlable.
« Nous n’avons pas de temps à perdre. »