Société à mission et entreprises familiales : les témoignages de Maison Le Breton et CRISTEL
Le Centre Family Business d'HEC Paris a coorganisé, avec HAATCH, Family & Co, le FBN France et la Communauté des entreprises à mission, la 2e édition d'un webinaire sur le regard des entreprises familiales sur la société à mission. Au programme : les analyses de Cécile de Lisle (HEC Paris), Sylvain Prévot (FBN Impact), Valérie Brisac (Communauté des entreprises à mission) et Laurent Allard (Family & Co), ainsi que les témoignages de Morgane Le Breton (Maison Le Breton) et Damien Dodane (CRISTEL).
Après une première édition en janvier qui avait réuni plus de 150 participant·es, ce nouveau rendez-vous, organisé le 18 juin, a permis de partager de nouveaux témoignages et l'avancée des travaux menés depuis un an par les cinq partenaires.
Sylvain Prévot, coprésident de la communauté FBN Impact, a rappelé les trois critères qui définissent une entreprise familiale : la propriété et le contrôle du capital par une famille, l'implication de cette famille dans le management, et la transmission déjà réalisée ou la volonté de transmettre. Valérie Brisac, directrice générale de la Communauté des entreprises à mission, a détaillé les quatre piliers de la qualité de société à mission et les intérêts qu'elle présente pour les entreprises familiales.
Cécile de Lisle, directrice exécutive du Centre Family Business d'HEC Paris, est revenue sur la nécessité de nuancer le chiffre de 71 % d'entreprises françaises dites familiales, une définition large qui inclut tout entrepreneur fondateur : en appliquant la définition plus stricte du FBN, intégrant la notion de transmission, ce taux se réduit fortement, puisque seules 20 % de ces entreprises atteignent la deuxième génération et 10 % d'entre elles la troisième.
Deux dirigeants d'entreprises familiales à mission ont ensuite partagé leur expérience. Pour Morgane Le Breton, gérante de Maison Le Breton, la démarche a d'abord été un outil de clarté : « Il y avait un problème de lisibilité car on faisait du vin qui n'était pas bio et les gens ne comprenaient pas pourquoi on était engagés. La mission nous a aidé à clarifier notre positionnement et notre démarche. Ce n'est pas un label, ce ne sont pas des cases à cocher ; ce sont nos cases que l'on se crée nous-mêmes. »
Chez CRISTEL, c'est la troisième génération qui a porté l'envie de formaliser des valeurs jusque-là transmises de manière informelle. Damien Dodane, directeur général, revient sur ce travail collectif : « Il s'agissait d'inscrire les valeurs qu'on partageait au quotidien pour les inscrire quelque part, au-delà de la famille. On a travaillé avec nos collaborateurs pour savoir quelles valeurs on avait envie de partager au quotidien. Ça a été un travail extraordinaire, on s'est rendu compte qu'on était en phase avec ce qu'on avait envie de faire et les valeurs qu'on avait envie de partager. »
Laurent Allard (Family & Co) a souligné les « points de bascule » où le statut de société à mission devient un appui pour les entreprises familiales, comme l'arrivée d'une nouvelle génération ou l'ouverture du capital. Cécile de Lisle a de son côté identifié trois freins fréquents chez les entreprises familiales hésitantes : la réticence à laisser entrer un regard externe, un décalage entre gouvernance de l'entreprise et gouvernance familiale, et un risque de manque d'incarnation de la mission par la famille.
Un nouvel atelier sur cette thématique est prévu le 30 septembre lors du salon PRODURABLE.