- Les identités non binaires apparaissent tout au long de l’histoire juridique, remettant en cause l’idée selon laquelle elles seraient un phénomène récent.
- Les tribunaux reconnaissent de plus en plus les droits et le bien-être des personnes non binaires, mais laissent souvent les grandes réformes aux législateurs.
- Les nouvelles règles d’éligibilité sportive déplacent le débat de l’identité de genre vers des critères biologiques et génétiques, soulevant des questions juridiques et éthiques.
Dans cette épisode du podcast Breakthroughs, Matteo Winkler, professeur de droit à HEC Paris, présente ses recherches récentes sur l’histoire juridique des identités non binaires. Il montre également ce qu’elles révèlent des débats contemporains sur le sexe, le genre et le droit.
À partir d’un article inspiré par une décision de la Cour constitutionnelle italienne, Matteo Winkler soutient que les personnes ne correspondant pas strictement aux catégories « homme » ou « femme » existent depuis longtemps dans l’histoire juridique et sociale, de l’Antiquité à l’Inde coloniale. Il explique comment les tribunaux et les législateurs continuent de se confronter aux questions de reconnaissance, en traitant souvent les identités non binaires comme un défi nouveau malgré une histoire beaucoup plus ancienne.
La conversation aborde également les derniers développements de l’affaire Caster Semenya et l’usage croissant de critères génétiques dans les règles d’éligibilité sportive. Matteo Winkler analyse les questions juridiques, scientifiques et éthiques soulevées par ces approches, ainsi que leurs implications plus larges pour la manière dont les sociétés modernes définissent le sexe et le genre. Enfin, il présente la nouvelle édition de The Dark Side of Arbitration, coécrite avec son mentor Ugo Draetta.
Dix ans après sa première publication, l’ouvrage explore les pratiques, les incitations et les comportements qui façonnent, en coulisses, l’arbitrage commercial international.