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Institut Sustainability & Organizations

De Chamonix au terrain : une rentrée placée sous le signe de l’engagement

Près de 400 étudiants de première année de la Grande École ont fait leur rentrée à HEC Paris. De Chamonix au campus de Jouy-en-Josas, cette première semaine a donné le coup d’envoi du Parcours Engagement, qui les accompagnera tout au long de leur année.

Après deux années largement consacrées à la réussite des concours, le Parcours Engagement invite les étudiants à déplacer leur regard : mieux comprendre le monde qui les entoure, aller à la rencontre d’autres réalités et réfléchir à la manière dont ils souhaitent exercer leurs responsabilités.

« Nous sommes au service de vos rêves — reste à savoir lequel », leur a lancé Romain Briat, directeur exécutif du Purpose Lab et de Naos LAB, à l’ouverture du parcours.

Chamonix : sortir de sa zone de confort

La première étape s’est déroulée pendant quatre jours à Chamonix. Randonnée, nuit en refuge, escalade, exercices de secourisme, découverte des glaciers et temps de réflexion ont confronté les étudiants à des situations nouvelles, fondées sur l’écoute, la coopération et la solidarité.

Quinze professeurs d’HEC Paris ont, cette année, vécu le séminaire à leurs côtés. Ensemble, ils ont observé les effets du changement climatique sur la Mer de Glace et découvert les défis auxquels la vallée est confrontée : recul des glaciers, pression touristique, raréfaction des ressources, logement et mobilités.

Ce territoire devient ainsi un terrain d’apprentissage pour interroger le leadership, les limites planétaires et le temps long. L’objectif est d’amener les étudiants à se poser, dès leur arrivée à HEC Paris, quelques questions essentielles : qui souhaitent-ils devenir ? Au service de quoi veulent-ils mettre leur énergie et leur ambition ? Quelle forme de leadership veulent-ils exercer ?

Le doyen d’HEC Paris, Éloïc Peyrache, les a encouragés à s’approprier pleinement les quatre années à venir, à explorer des chemins inattendus et à saisir les opportunités qui leur permettront de construire leur propre trajectoire.

Le leadership à l’épreuve du terrain

De retour sur le campus, les étudiants ont rencontré une trentaine de dirigeants issus d’entreprises, de fondations, d’associations et d’institutions publiques. Chacun leur a proposé une perspective différente sur le travail, le sens et l’engagement.

Lors d’un échange animé par Professeur Rodolphe Durand, directeur académique du centre Purpose à HEC Paris, Julien Hueber, CEO de Nexans, est arrivé avec un objet en apparence ordinaire : un câble électrique fabriqué en France. Une manière concrète de rappeler que derrière les flux financiers se trouvent toujours des flux physiques et que sans câbles, il n’y a ni électrification, ni industrie, ni hôpitaux, ni infrastructures numériques.

Revenant sur son parcours international et ses expériences en usine, il a proposé aux étudiants trois repères pour construire leur carrière : « être soi », pour connaître ses aspirations ; « être avec », pour choisir les équipes et l’organisation avec lesquelles progresser ; et « être pour », afin de mettre ses compétences au service de convictions.

Son principal conseil : commencer au plus près des opérations. « On ne peut pas mentir sur l’opérationnel : c’est la vérité », a-t-il souligné. Le terrain permet de comprendre les problèmes réels de l’entreprise, d’apprendre plus vite et de prendre de meilleures décisions. Lorsqu’il visite une usine, son premier indicateur n’est d’ailleurs pas financier : il observe les visages des opérateurs, leur motivation et leur engagement.

Julien Hueber a enfin présenté le modèle « E3 » de Nexans, qui place au même niveau performance économique, engagement des équipes et résultats environnementaux. Cette approche illustre sa conviction qu’un dirigeant doit savoir assumer des choix cohérents avec la raison d’être de l’entreprise, y compris renoncer à certaines activités rentables lorsqu’elles ne correspondent plus à son cap stratégique.

Julien Hueber, CEO de Nexans : Les choix qui façonnent une carrière | Rentrée 2026 HEC Paris

 

L’engagement comme responsabilité collective

Elsa Da Costa, directrice générale d’Ashoka France, a prolongé cette réflexion en interpellant les étudiants : « Vous allez transformer la société, que vous le vouliez ou non. »
Aux côtés de Marieke Huysentruyt, directrice académique du centre S&O et de l’Impact Lab, elle les a invités à réfléchir à la place de l’intérêt général dans leurs futurs choix. Son message : l’engagement ne doit pas être réservé à quelques figures héroïques. Il peut devenir un réflexe collectif, accessible à toutes et tous, et être pleinement reconnu dans les parcours académiques comme professionnels.

Elsa Da Costa : Manifeste pour une culture de l'engagement | Rentrée 2026 HEC Paris

 

Passer de la réflexion à l’action

Ces premiers échanges ouvrent une année construite autour d’expériences concrètes.

Chaque étudiant réalisera au moins 30 heures de bénévolat dans une structure d’intérêt général. Visites à des personnes âgées, distributions alimentaires, aide administrative aux demandeurs d’asile, soutien scolaire ou actions environnementales : les missions privilégient le contact avec les bénéficiaires, les salariés et les bénévoles.
Les résultats de la promotion précédente soulignent la portée de cette expérience : 99 % des étudiants déclarent avoir développé de nouvelles compétences et 77 % souhaitent poursuivre leur engagement bénévole.

Le parcours comprend également un stage de terrain de trois semaines. Les étudiants y occuperont un poste d’exécution dans l’industrie, la logistique, la restauration, la grande distribution, l’agriculture, le recyclage ou l’aide à la personne. Cette immersion doit leur permettre de comprendre les réalités du travail, les relations hiérarchiques et les attentes des collaborateurs qu’ils seront peut-être amenés à manager demain.

Apprendre de l’expérience

Accompagnés par des tuteurs, les étudiants seront régulièrement invités à analyser leurs expériences et à confronter leurs observations aux enseignements académiques. Ils achèveront le parcours par un mémoire consacré au leadership, au travail, au fonctionnement des organisations ou à leur responsabilité sociale et environnementale, complété par une réflexion personnelle sur leur définition de la réussite et leur projet professionnel.

Obligatoire pour l’obtention du diplôme et crédité de 7,5 ECTS, le Parcours Engagement place ainsi l’expérience, la connaissance de soi et la responsabilité au cœur de la formation.

Une rentrée en altitude pour prendre de la hauteur, avant d’aller sur le terrain et de commencer à tracer sa propre voie.