- L’internationalisation des universités est de plus en plus influencée par la géopolitique, les politiques de visas et la mobilité étudiante, ce qui pourrait déplacer les centres d’influence de l’enseignement supérieur.
- La Chine et, plus largement, la coopération Sud-Sud pourraient contribuer à faire émerger de nouveaux pôles d’enseignement supérieur.
- En matière de collecte de fonds, la capacité des universités à agir comme des organisations autonomes et leurs liens avec CASE semblent peser davantage que la marchandisation : le modèle américain n’est pas universel.
Les universités sont souvent présentées comme des institutions neutres, vouées à l’enseignement et à la recherche. Mais les travaux les plus récents montrent qu’elles agissent de plus en plus comme des organisations poursuivant leurs propres objectifs, stratégies et ambitions internationales.
À partir de deux études portant sur plus de 500 universités dans 89 pays, Seungah Sarah Lee, professeure assistante à HEC Paris, analyse la manière dont l’internationalisation de l’enseignement supérieur s’articule désormais avec la géopolitique, la mobilité étudiante, les classements internationaux et l’émergence de nouvelles formes de coopération Sud-Sud.
Dans une première étude, elle examine pourquoi les universités développent des stratégies d’internationalisation différentes selon leur contexte national, comment certaines institutions pourraient contribuer à l’émergence de nouveaux pôles d’enseignement supérieur et pourquoi la question du soft power devient de plus en plus difficile à ignorer.
Dans une seconde étude, la chercheuse basée à Doha s’intéresse à la diffusion mondiale des activités de collecte de fonds et des services de développement au sein des universités. Ses résultats montrent que les réseaux professionnels, tels que CASE, semblent jouer un rôle plus déterminant dans leur diffusion que la seule logique de marchandisation de l’enseignement supérieur.
Ensemble, ces travaux soulèvent une question plus large : comment les universités se positionnent-elles dans un environnement mondial de plus en plus fragmenté, tout en conciliant ambitions internationales et priorités locales ? Pourraient-elles devenir l’un des nouveaux visages du soft power ?