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Anaïs Barut, Présidente et Co-fondatrice de DAMAE Medical

En 2015, la MIT Technology Review l’a classée parmi les dix meilleurs innovateurs français de moins de 35 ans.

Anaïs Barut

Anaïs Barut est présidente et co-fondatrice de DAMAE Medical, fondée en 2015. L'année suivante, elle est reconnue par la MIT Technology Review comme l’une des dix meilleurs innovateurs français de moins de 35 ans. Lauréate du prestigieux prix EDF Pulse la même année et soutenue par une levée de fonds de 2 millions d’euros, la start-up bénéficie d’une reconnaissance institutionnelle et scientifique rare. 

Mais au-delà des distinctions, c’est une innovation de rupture qui est au cœur du projet : une technologie d’imagerie optique non invasive, capable d’observer les tissus cutanés en profondeur, jusqu’au niveau cellulaire, simplement au contact de la peau.

Grâce à son dispositif phare, OCTAV®, DAMAE Medical offre aux dermatologues une alternative aux biopsies traditionnelles. Plus besoin de prélever systématiquement des échantillons : les diagnostics sont plus rapides, plus précis, et évitent des cicatrices inutiles — un enjeu capital, alors que plus d’une biopsie sur deux s’avère aujourd’hui non nécessaire. Avec cette solution, DAMAE Medical répond à un besoin clinique concret tout en améliorant significativement le parcours de soins des patients. Une innovation utile, reconnue, et promise à un avenir international. L'entreprise a su rapidement s’imposer comme un acteur majeur de l’innovation en santé. 

 

Qu’est-ce qui vous a poussé à devenir entrepreneur ? 

Anaïs Barut : J’ai toujours été aussi curieuse en science qu’en affaires. Après le lycée, j'ai étudié à l'école d'ingénieurs de l'Institut d'optique, où je me suis focalisée sur l'innovation entrepreneuriale. Comme la plupart des entrepreneurs, j'ai échoué dans mes premiers projets commerciaux mais j'ai persévéré et j'ai continué à apprendre. C'est grâce à ce processus que j'ai pris conscience que l'entrepreneuriat est une vraie carrière à part entière. 

À l'Institut d'optique, j’ai fait équipe avec David Siret, un entrepreneur qui partageait ma vision et mon goût pour l'aventure. Ensemble, nous avons identifié un chercheur en optique, le professeur Arnaud Dubois, qui avait breveté une technologie optique pionnière mais ne l'avait pas encore industrialisée. À nous trois, nous avons mis en commun nos compétences en recherche médicale et en développement industriel, ainsi que notre sens des affaires, pour créer DAMAE Medical en 2014. Mon rôle était de concevoir l'idée, d’élaborer le business model et de gérer les activités commerciales, y compris le financement nécessaire à la création des premiers prototypes. J'ai ensuite poursuivi mes études avec le master Grande École d'HEC Paris, en majeure entrepreneuriat, pour acquérir les compétences nécessaires à la construction de notre entreprise. 
 

Pourquoi avez-vous choisi HEC ? En quoi vous études vous ont-elles préparée à la suite ? 

Anaïs Barut : La majeure Entrepreneurs représente une opportunité unique d’acquérir les compétences en management nécessaires au lancement d’une start-up. Pour moi, l'un des plus gros avantages du programme est son approche axée sur l’apprentissage par la pratique, qui pousse les étudiants à expérimenter en équipes avec des projets réels. Cet environnement m'a aidée à surmonter toute crainte de commettre des erreurs et m'a fourni les fondements pratiques sur lesquels construire ma réussite future. 
 

Une leçon clé que vous avez apprise à HEC ?  

Anaïs Barut : L'une des principales caractéristiques du MBA en Entrepreneuriat est son rythme très rapide… nous étions constamment mis au défi de nous dépasser, d’aller toujours plus loin. Cela m'a aidée à prendre des décisions rapidement en me fiant à ma compréhension de la situation donnée ainsi qu’à mon intuition. J'ai appris qu'il vaut mieux prendre une décision imparfaite rapidement que de ne pas en prendre du tout. Cette philosophie de la « pensée agile » continue de me guider dans mon rôle de dirigeante d’entreprise. 
 

Quelle est votre relation avec les anciens élèves de HEC aujourd’hui ? 

Anaïs Barut : Je suis toujours en contact avec d’anciens camarades de classe, des professeurs, ainsi que la communauté des anciens élèves de HEC au sens plus large. Plus particulièrement, le groupement HEC-Entreprendre offre un accès fantastique à une communauté grandissante d’anciens élèves entrepreneurs, qui sont disponibles pour partager leur expérience de vie et leurs conseils en affaires. 

« Remettez toujours en question vos nouvelles idées en les partageant avec le plus de gens possible. » 


Quel conseil donneriez-vous aux nouveaux entrepreneurs ? 

Anaïs Barut : J'ai deux conseils. Le premier : ne créez pas votre entreprise toute seule . Entourez-vous de personnes talentueuses dont les expertises diffèrent de la vôtre. Mon deuxième conseil : remettez toujours en question vos nouvelles idées en les partageant avec le plus de gens possible. Le risque de divulguer vos secrets existe mais il est bien moindre que ce que vous pourriez penser ; c’est uniquement en échangeant avec autrui et en recueillant leurs impressions que vous pourrez faire grandir votre entreprise ! 

 

Chiffres clés 

  • 2 à 3 millions de diagnostics de cancers de la peau chaque année dans le monde  

  • 1 cancer diagnostiqué sur 3 est un cancer de la peau  

  • 50 % des biopsies cutanées sont considérées comme inutiles et laissent des cicatrices 

  • 1 mélanome sur 3 n’est pas détecté en diagnostic initial  

  • 3 millions d’euros de fonds levés en 3 ans (2014-2017)