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Institut Sustainability & Organizations

De la création de valeur au partage de la valeur : les nouvelles perspectives d'HEC Paris

Un rapport de l'Institut Sustainability & Organizations explore pourquoi le partage de la valeur au sein des entreprises devient un élément essentiel d’une stratégie d’entreprise durable et compétitive. Mais comment les entreprises doivent-elles répartir la valeur qu’elles créent dans un paysage économique de plus en plus inégalitaire ? Intitulé « Value Sharing Mechanisms: From Optional to Indispensable? », le rapport de Marieke Huysentruyt, professeure associée de stratégie, et de Nil Aydin, diplômé du Master in Sustainability and Social Innovation de HEC Paris, examine comment les entreprises distribuent la valeur qu’elles créent — et pourquoi le faire de manière plus équitable est aujourd’hui plus important que jamais.
 

Un déséquilibre croissant dans la distribution de la valeur

Dans de nombreux pays de l’OCDE, les travailleurs reçoivent une part de plus en plus faible du revenu national, tandis que les inégalités de revenus et de richesse continuent de s’accentuer. Dans le même temps, la hausse de l’inflation et la concentration croissante du pouvoir de marché entre les entreprises ont intensifié les préoccupations concernant la rémunération équitable et la justice économique.

Dans ce contexte, les appels se multiplient — de la part des employés, des investisseurs, des gouvernements et de la société dans son ensemble — pour que les entreprises reconsidèrent la manière dont elles répartissent la valeur entre leurs parties prenantes.

Le rapport soutient que le partage de la valeur, souvent appelé en France « partage de la valeur », émerge comme un concept clé du management stratégique. Contrairement aux approches traditionnelles centrées sur la captation de valeur — c’est-à-dire la manière dont les entreprises conservent les profits — le partage de la valeur s’intéresse à la manière dont les entreprises distribuent une partie de la valeur qu’elles créent aux employés, aux fournisseurs, aux communautés et aux autres parties prenantes.

Pourquoi les entreprises ne peuvent pas ignorer le partage de la valeur

Ignorer le partage de la valeur avec les employés peut exposer les entreprises à des risques importants. Le rapport met en avant des exemples d’entreprises mondiales ayant fait face à des critiques ou à des difficultés de réputation en raison de problèmes tels que les bas salaires, de mauvaises conditions de travail ou l’absence d’avantages pour les employés.

Au-delà des enjeux de réputation, négliger le bien-être des employés peut entraîner des tensions sociales, des pressions réglementaires et une augmentation des coûts liés au turnover. Selon la théorie des parties prenantes, investir dans les employés et répondre à leurs besoins peut améliorer la loyauté et la productivité tout en renforçant la performance de l’entreprise à long terme.

De la théorie à la pratique : comment les entreprises peuvent partager la valeur

Le rapport présente plusieurs mécanismes concrets que les entreprises peuvent utiliser pour distribuer la valeur de manière plus équitable, notamment auprès des employés. Parmi eux :

  • les plans de participation aux bénéfices, qui permettent aux employés de recevoir une part des profits de l’entreprise ;
  • les plans d’actionnariat salarié (ESOP), qui donnent aux travailleurs une participation au capital de l’entreprise ;
  • les programmes de développement des compétences et de formation, qui investissent dans les capacités à long terme des employés ;
  • les programmes de bien-être et d’avantages sociaux, qui soutiennent le bien-être physique, mental et financier ;
  • les structures de prise de décision collaborative, incluant la représentation des employés dans la gouvernance.

Les données suggèrent que ces mécanismes peuvent améliorer la productivité, l’engagement des employés et la résilience organisationnelle. Par exemple, la participation aux bénéfices a été associée à des gains de productivité pouvant atteindre 5 % dans certaines études.

Au-delà des employés, le partage de la valeur peut également s’étendre aux fournisseurs, aux communautés locales et aux clients, grâce à des pratiques telles que des prix équitables, des partenariats de long terme avec les fournisseurs, des modèles de tarification inclusifs et des initiatives de développement communautaire.

Une nouvelle frontière pour l’avantage concurrentiel

À mesure que les réglementations en matière de durabilité se développent — notamment avec des cadres comme la Corporate Sustainability Reporting Directive (CSRD) en Europe — de nombreuses pratiques qui distinguaient autrefois certaines entreprises deviennent rapidement des attentes standards.

Dans ce contexte, le rapport suggère que la capacité d’une entreprise à partager efficacement la valeur avec ses parties prenantes pourrait devenir une nouvelle source d’avantage concurrentiel. Les organisations qui parviennent à équilibrer création de valeur, captation de valeur et partage de la valeur pourraient être mieux placées pour renforcer la confiance, attirer les talents et améliorer leur performance à long terme.

Une recherche pour une économie plus inclusive

Le rapport contribue aux recherches en cours sur la manière dont les entreprises peuvent jouer un rôle significatif dans la construction d’une économie plus inclusive et plus résiliente.

À travers ses travaux à l’intersection de la stratégie, de la durabilité et de l’impact social, le S&O Institute cherche à fournir aux entreprises et aux décideurs publics les outils et les analyses nécessaires pour faire face à des défis économiques et sociétaux complexes.

 

Pourquoi le partage de la valeur au sein des entreprises devient un élément essentiel d’une stratégie d’entreprise durable et compétitive ?

Télécharger le rapport (en Anglais)

 

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