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Égalité des chances

« Tout peut se rattraper, même si tout ne peut pas se rejouer »

Les enseignants sont les relais essentiels d’une des initiatives majeures d’HEC Paris en faveur de l’égalité des chances : faire découvrir l’univers des grandes écoles. Ils accompagnent les élèves des collèges et des lycées pour les aider à renforcer leur ambition scolaire, un engagement qui mobilise énormément d’énergie et de temps. Depuis cinq ans, Lolita M’Gouni s’est ainsi investie pleinement dans l’essor de ces élèves, convaincue que l’art est un vecteur formidable de progrès éducatif, social et culturel. C’est dans ce cadre que s’est bâti un partenariat avec la mission Egalité des Chances d’HEC Paris.

© HEC Paris

La visite des élèves du collège Robert-Doisneau à HEC Paris, en mai 2019. (© HEC Paris/Lolita M'Gouni)

« J’aime beaucoup le mot "militance". Etre enseignante aujourd’hui c’est être militante, surtout à Clichy-sous-Bois. » À partir de ces mots, Lolita M’Gouni, professeure agrégée en arts plastiques et docteure en Sciences de l’Art, s’est longuement expliquée l’année dernière au micro des Ateliers Médicis. Malgré les exigences d’une vie d’artiste accomplie, Lolita M’Gouni n’épargne aucun effort pour aider ses élèves du collège Robert Doisneau à s’émanciper dans un quartier de l’Ile-de-France jugé « difficile » par les autorités : cours supplémentaires, sorties dans les lieux artistiques et culturels, organisations de rencontres avec des artistes, expositions, associations, publications. Depuis 2015, l’enseignante s’est lancée corps et âme dans une forme de militantisme éducatif. Depuis l’année dernière, cet engagement s’exprime dans la nouvelle collaboration entre son collège, Robert Doisneau (au nord de la région parisienne), et la mission Egalité des Chances d’HEC Paris. Rencontre avec une artiste plasticienne qui a tourné le dos à sa carrière universitaire pour « une histoire de relais … de relayer ce que l’on m’a donné ».

Qu’est-ce qui vous a motivé à renoncer à votre poste de professeur à l’Université de Lille-III et à Panthéon- Sorbonne pour un poste en collège à Clichy-sous-Bois ?

Lolita M'Gouni : Un besoin de me sentir utile, tout simplement. Ces quartiers sont trop délaissés et j’ai la sensation de pouvoir réparer quelque chose en enseignant dans le secondaire. On a ici des élèves avec beaucoup de potentiel mais il leur manque certaines bases pour y parvenir et l’aide de certains adultes pour les guider et les accompagner. Sur ce parcours professionnel, j’essaie de permettre aux élèves qui ont des capacités et surtout une volonté de réussir, d’avoir l’envie de rentrer dans une Grande Ecole, de se dire que c’est possible, et que ce n’est pas dans le domaine de l’utopie. Eux aussi sont capables d’envisager une orientation rayonnante et il ne faut pas qu’ils se limitent aux rôles préconçus pour eux. Il faut qu’ils aient l’ambition d’atteindre HEC Paris, Polytechnique, les écoles vétérinaires, la Sorbonne, les Beaux-Arts… et s’ils veulent ambitionner une discipline manuelle dans une filière pro, qu’ils puissent aussi envisager les Compagnons du Devoir.

Ceci résume un peu votre propre parcours ?

Oui. J’ai détesté l’école. J’étais une élève en perpétuel conflit avec les adultes et pas du tout adaptée au système scolaire que nous connaissons. La rencontre avec un professeur en arts plastiques en 4ème a tout changé. Elle m’a motivée, donné le sens de l’effort et montré que les arts pouvaient être un espace de construction, de rigueur, mais aussi d’émancipation et de liberté. C’est souvent une histoire de rencontres avec des adultes qui établissent une relation de confiance, qui réussissent à déceler chez nous des talents que nous n’avons pas vus, ou que nous n’avons pas voulu voir. Car, souvent, on se dit que ça, « ce n’est pas pour moi », ou on est cantonné dans un rôle…

Que pensez-vous de cette collaboration avec HEC Paris ?

L’initiative d’HEC est tout à fait louable. Et il faudrait la renforcer, l’accentuer. On dessine des programmes depuis des décennies avec les ministères de l’Education successifs. La répartition dans les territoires fait que l’on se retrouve avec des écoles et des collèges où on regroupe toute une population extrêmement défavorisée. Les pauvres avec les pauvres, les riches avec les riches. Il n’y a pas cette mixité sociale dont on a besoin pour construire un enseignement ouvert. Qu’une grande école comme HEC s’ouvre, c’est merveilleux, cela devrait être toutes les grandes écoles ! Mais il y a un grand travail à fournir depuis la maternelle et le primaire. C’est hallucinant le contexte dans lequel grandissent les enfants des quartiers. Ce sont des bombes à retardement, pour moi, car il y a un cruel manque de tout. On a beau injecter de l’argent dans un secteur, on a l’impression de déshabiller Pierre pour habiller Paul. Il y a aussi des besoins humains. Je parle des suppressions de postes, d’un nombre grandissant de contractuels – et on sait ce que cela implique : des postes éjectables, des enseignants non formés.

Il faut savoir que trop souvent des écarts subsistent entre un élève brillant issu des quartiers défavorisés et un élève brillant issu de quartiers favorisés. Les élèves de Clichy-sous-Bois que j’envoie par exemple dans un internat d’excellence se rendent compte d’une autre réalité quand ils arrivent en seconde : ils ont été brillants dans leur collège REP+ de banlieue mais, au lycée, et ensuite, ça se corse beaucoup et les écarts se creusent. Ils ont un énorme retard en termes de culture générale, de lecture et d’assimilation des classiques, des fondamentaux que d’autres ont eu. Mais je me base aussi sur ma propre histoire et celle de ma famille, et plus particulièrement de mon père, berbère de l’Atlas, au Maroc, venu en France pour réussir : lorsque l’on a envie de rattraper un retard, on le rattrape. Tout peut se rattraper, même si tout ne peut pas se rejouer.

Je suis très ambitieuse pour mes élèves et je me laisse porter par mon optimisme. Parfois, j’avoue être de mauvaise humeur, déçue par le système, et fatiguée, je deviens « àquoiboniste »,  je me dis que c’est foutu et que Les Territoires perdus de la République sont vraiment perdus… Mais, au-delà du constat, je ne veux pas rester plus de 5 minutes dans cette optique-là, sinon on ne fait rien.

Concrètement, quels projets vous permettent de mieux préparer les élèves pour ce programme avec HEC Paris ?

Depuis notre accord avec HEC, je continue avec mes collègues de porter des projets ambitieux, comme la CHAAP (Classe à Horaires Aménagés en Arts Plastiques) et des partenariats avec des structures artistiques et culturelles dont le FRAC d’Ile-de-France, les Ateliers Médicis et le Musée du Louvre, des rencontres avec des artistes contemporains. C’est un engagement, un véritable investissement et un pari sur l’avenir.

Vous êtes venue au campus HEC avec plusieurs élèves, dont Shayma et Yulia. Cela se passe comment pour elles ?

Shayma a intégré l’internat d’excellence de Sourdun. Après la visite à HEC, elle s’intéresse au commerce international et souhaite plus tard intégrer cette grande école. Yulia, elle, a immigré d’Ukraine il y a cinq ans, elle ne parlait pas un mot de français à son arrivée. Maintenant, elle le manie beaucoup mieux que certains élèves nés ici. Elle a intégré le lycée Alfred Nobel de Clichy-sous-Bois et elle hésite entre Polytechnique et HEC. Son rêve est de devenir un jour ministre de la Culture.

Etre ambitieux et croire en ses rêves, devenir des citoyens autonomes et cultivés, c’est un peu ce que j’essaye d’apprendre à mes élèves.

 


Les Visites Découverte d’HEC Paris

Moments privilégiés pour comprendre ce qu’est une Grande Ecole, découvrir les parcours des étudiants HEC, élargir le champ de sa réflexion post-bac, ces visites ont pour objectif de faire naître l’envie de l’excellence, montrer que « c’est possible ».

Organisées sur demande des établissements scolaires, ces visites sont réservées à un public éligible à un programme d’Egalité des chances. Elles s’adressent principalement à des lycéens de Seconde à Terminale issus de lycées généraux et technologiques, plus ponctuellement des collégiens à partir de la 3ème.

Comment ça marche ?

Pendant une demi-journée, une visite de l’Ecole mais surtout une rencontre et des échanges informels avec les étudiants HEC pour :

  • démystifier les cursus des Grandes Ecoles et des prépas
  • découvrir le quotidien d’un étudiant en école de commerce : programmes, stages, vie associative...
  • mieux connaître les parcours individuels qui sont souvent plus diversifiés qu’on ne le croit

Le calendrier des visites est disponible auprès de la Mission Egalité des Chances d’HEC Paris.

En savoir plus


 

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