Quand l’expert-comptable devient DAF externalisé : l’alliance historique de HEC Paris et Sup’Expertise pour réinventer la profession.
Des bouleversements, chaque profession en connaît. Pour y faire face, une solution s’impose : la formation tout au long de la vie. Depuis 10 ans, HEC Paris Executive Education et Sup’Expertise, l’école supérieure de l’expertise comptable, de l’audit et du conseil, forment les DAF externalisés de demain pour réinventer la profession d’expert-comptable.
Entre 70 et 80 % des tâches réalisées dans un cabinet d'expertise comptable sont aujourd'hui estimées automatisables. La facture électronique obligatoire entrera en vigueur dès septembre 2026. Face à ce double séisme, la profession comptable n’a plus le luxe de tergiverser. Depuis plus d'une décennie, un programme pionnier co-construit par HEC Paris Executive Education et Sup’Expertise accélère la transformation des experts-comptables en acteurs stratégiques, capables de passer d’une logique de producteurs de bilans à une posture de Directeurs Administratifs et Financiers (DAF) externalisé.
« La plus grosse révolution de toute leur histoire »
Pour comprendre l’urgence du programme, il faut d’abord saisir l'ampleur du choc qui frappe la profession. Ugo Lopez, Directeur Général de Sup'Expertise, ne mâche pas ses mots : les métiers de l'expertise comptable et de l'audit vivent, selon lui, la mutation la plus radicale de toute leur histoire. Une mutation qui s'est d'abord annoncée discrètement, il y a plus de dix ans, avant de s'emballer sous l'effet conjugué de deux forces irrésistibles.
La première, c'est l'intelligence artificielle. Elle n’est plus une perspective lointaine : elle nourrit déjà les logiciels de comptabilité et rend mécaniquement obsolètes des pans entiers du savoir-faire traditionnel des cabinets. La seconde, est quant à elle réglementaire : à compter de septembre 2026 (en réception) puis de septembre 2027 (en émission), toute facture échangée entre entreprises en France devra être électronique et structurée selon un format standardisé. Résultat : l'imputation comptable sera automatique, le pré-remplissage des déclarations de TVA généralisé… et des milliers d'heures de travail manuel s'évaporeront.
« On est vraiment dans un choc de temporalité qui est extrêmement violent. Il n'y a pas encore de destruction d'emploi — la profession recrute toujours — mais il y a un moment où le shift va se faire, et il va se faire de façon très violente. »
— Ugo Lopez, Directeur Général de Sup'Expertise
Ce que Lopez exprime avec une clarté presque paradoxale, c'est le danger de la fausse sécurité actuelle. Les cabinets continuent de recruter, les carnets de commandes restent pleins. Mais c'est précisément cette apparence de normalité qui rend la transformation si périlleuse : les professionnels qui ne se forment pas aujourd'hui seront ceux qui subiront le choc demain, sans avoir eu le temps de se réinventer.
Sup'Expertise : une institution née d'une profession qui se regarde en face
Sup’Expertise est une création atypique dans le paysage de l'enseignement supérieur français. Fondée en décembre 2021, elle est issue de la fusion de deux entités historiques : l’organisme de formation continue de l'Ordre des experts-comptables d'Île-de-France, qui existait depuis des décennies, et un CFA, centre de formation d'apprentis spécialisé dans les diplômes comptables, qui détenait jusqu'à la loi de 2018 le quasi-monopole de l’alternance comptable en Île-de-France.
Mais l’ambition de Sup’Expertise dépasse largement la simple addition de ces deux héritages. L'école vise à devenir une grande école de management spécialisée, capable d'attirer des profils issus des écoles de commerce — des jeunes habitués à la relation client, au conseil, à la stratégie — vers une profession qui en a cruellement besoin. Ce partenariat avec HEC Paris positionne les formations de Sup'Expertise comme un relais d'excellence académique directement ancré dans la réalité des cabinets.
Le DAF externalisé : un pivot stratégique, pas une simple montée en gamme
La genèse du programme sur-mesure ‘Programme Général de Management Stratégique (PGMS) - DAF Externalisé’ remonte à plus de dix ans, portée par un pionnier : Hervé Bego, expert-comptable visionnaire. L’objectif est clair : faire basculer le praticien d'une logique purement comptable à une véritable posture économique et financière, celle d'un DAF externalisé au service des TPE et PME.
Car être DAF externalisé, comme le résume Lopez, ne se résume pas seulement maîtriser la technique, c'est apprendre à faire parler les chiffres au bénéfice du client, et donc aller bien au-delà de l'établissement des états financiers pour accompagner les dirigeants dans la compréhension de leur modèle économique, de leur trésorerie, de leurs leviers de croissance. C'est, en somme, devenir l'analyste de tous les flux : comptables, fiscaux, et désormais de données.
« Les chefs d'entreprise attendent beaucoup plus de leurs experts-comptables — et parfois ils sont déçus par ceux qui se contentent de remettre un bilan et un compte de résultat. Ça n'intéresse plus personne. Les experts-comptables ont une place privilégiée, une chance à saisir. C'est maintenant ou jamais. »
— Ugo Lopez, Directeur Général de Sup'Expertise
Le déclic : comprendre le trésor de la relation client
Ce qui frappe Ugo Lopez lorsqu’il recueille les témoignages des participants, c'est moins la maîtrise de tel ou tel outil financier que le changement de regard sur leur propre position. « Ce qui revient tout le temps, c'est la compréhension du trésor de la relation client qu’ils possèdent, et comment la formation les a aidés à le faire fructifier. »
Les experts-comptables ne sont pas naturellement formés aux subtilités de la relation commerciale. Or, vendre une mission de conseil ne s'aborde pas comme la livraison d'un bilan annuel. La formation agit ici comme un révélateur : elle aide les professionnels à préparer le terrain, à ajuster leur posture, à valoriser une proximité avec leurs clients, souvent entretenue depuis des années, qui constitue un actif considérable, insuffisamment exploité.
Et les résultats sont concrets : le programme est qualifié de clé en main. Dès la fin de la formation, et parfois même pendant, les participants peuvent facturer de nouvelles missions d'accompagnement à leurs clients historiques. Une opérationnalité immédiate qui constitue l’une des forces distinctives du cursus.
250 formés, un club vivant et des pionniers qui font bouger la profession
Depuis sa création, le programme a formé environ 250 professionnels, soit environ 25 participants par promotion, sur onze années d’existence. Un chiffre modeste en apparence, mais dont l'effet d'entraînement dépasse largement les promotions elles-mêmes.
Ces diplômés constituent en effet le noyau dur du Club des DAF externalisés, créé par l'Ordre des experts-comptables d'Île-de-France. Piloté par Stéphanie Laporte, elle-même DAF externalisée, ancienne du programme et élue à l'Ordre, ce club extrêmement actif accueille chaque promotion et offre aux certifiés un accélérateur de réseau, de clients et de légitimité. C’est d'ailleurs dans ce cadre que sont remis, chaque année, les certificats HEC : lors d'une soirée du club, en présence d'un représentant de l'école.
Les témoignages des membres convergent : la combinaison formation HEC Paris et Sup'Expertise suivie de l'intégration dans le club est décrite comme le combo gagnant. Un regard différent de leurs clients sur la valeur qu'ils leur apportent. Des marchés nouveaux. Un rôle réinventé.
Enfin, à travers les experts-comptables formés et certifiés, c'est toute une strate du tissu économique français, à savoir les PME, qui bénéficient indirectement de cette formation. En effet, les experts-comptables et leurs collaborateurs constituent un relais de premier ordre vers les TPE et PME françaises.
« Ensemble avec HEC Paris, on combine la meilleure articulation possible au service de la transformation d'une profession qui est clé dans l'économie française. »
— Ugo Lopez, Directeur Général de Sup'Expertise
Et après ? L'expert-comptable, analyste de tous les flux
Quelle est, au fond, la vision de l’expert-comptable du futur que dessine ce programme ? Pour Ugo Lopez, la réponse est limpide. La profession ne disparaîtra pas, contrairement à ce qu'on lit parfois, mais elle se transformera profondément. Les experts-comptables sont positionnés à l'intersection de tous les flux des entreprises : flux de facturation, flux comptables, flux fiscaux, et demain flux de données. Cette position stratégique est un atout considérable… à condition de savoir l'exploiter.
C'est précisément ce à quoi prépare le programme DAF externalisé : former des professionnels capables non seulement de lire et produire ces flux, mais aussi de les restituer avec de la valeur ajoutée, au service de la prise de décision des dirigeants de TPE et PME. Un métier qui, en réalité, est déjà celui d’aujourd'hui. Il ne manque plus qu'à s'y former.
Le Programme Général de Management Stratégique (PGMS) : « Élaborer une stratégie financière permettant d'améliorer durablement les performances de l’entreprise » / fiche RS5542 enregistrée au Répertoire Spécifique de FRANCE COMPÉTENCES dont la date d'enregistrement est le 15/10/2021; le certificateur est Établissement d’enseignement supérieur Hautes Études Commerciales de Paris. Pour en savoir plus sur le calendrier, les délais et les conditions d'accès à la formation, les prérequis, les modalités pédagogiques et d'évaluations, les conditions tarifaires, l'accessibilité aux personnes en situation de handicap, contacter Elise VERNEYRE : e.verneyre@lesepl.fr.