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L'école

Décès de Pierre-Antoine Gailly (H.75), un grand dirigeant qui a contribué à transformer durablement HEC Paris

Diplômé d’HEC en 1975, dirigeant d’entreprise, notamment du Bon Marché ou du Moulin Rouge, ancien président de la Chambre de commerce et d’industrie (CCI) de Paris et artisan de l’autonomisation d’HEC Paris, Pierre-Antoine Gailly est décédé le 28 décembre 2025.

Pierre-Antoine Gailly, Préisdent de la CCI Paris lors de la cérémonie de remise des diplômes d'HEC en 2011

C’est avec une immense tristesse et une profonde émotion que nous avons appris la disparition brutale de Pierre-Antoine Gailly, survenue le 28 décembre 2025.

Nous tenons à lui rendre hommage, car Pierre-Antoine a été un grand serviteur d’HEC. Par ses engagements, sa vision pour notre école et son attachement à la camaraderie HEC, il a profondément contribué à façonner le destin d’HEC Paris et a joué un rôle de pilier au sein de sa communauté.

Il a redressé le Moulin Rouge pour en faire le premier cabaret parisien

Brillant élève, entré à HEC en 1972 à seulement 17 ans, Pierre-Antoine Gailly a mené une carrière remarquable, guidée par l’exigence, le sens stratégique et le goût de l’humain. Grand dirigeant d’entreprise, il a évolué dans des univers variés, du Bon Marché à Desfossés International (La Tribune), jusqu’au Moulin Rouge, dont il a orchestré le magistral redressement. Autant de vies professionnelles où sa vision et son sens des relations humaines ont conduit à des évolutions majeures.

Un diplômé engagé et parmi les premiers grands donateurs d’HEC

Ses succès professionnels sont allés de pair avec une passion pour l’intérêt général, particulièrement incarnée dans son engagement en faveur d’HEC, dont il avait fait une constante de vie.

En 2005, alors vice-président de l’Association des diplômés, il fait partie des premiers grands donateurs fondateurs de la Fondation HEC, lorsque, pour la première fois de son histoire, celle-ci fait appel à la générosité des diplômés.

Ses engagements au long cours, en tant que délégué de la promotion 1975 ou comme membre fidèle du club aviron HEC, l’ont toujours maintenu proche de nos jeunes camarades, avec qui il aimait échanger. Il y a à peine un mois, il prenait encore le temps de partager son expérience avec un groupe d’étudiants sur le campus.

Fidèle des grands rendez-vous de la communauté, il était présent sur le campus le 17 juin dernier pour les 20 ans du Class Gift, ainsi que lors du 10-Day célébrant les 50 ans de la promotion 1975 ; présent encore, le 25 novembre dernier, au lancement de la campagne HEC Campus of the Future.

Un nouveau statut juridique pour HEC pour de nouvelles ambitions. 

En 2007, Pierre-Antoine Gailly s’investit au sein du réseau consulaire, d’abord à l’international en tant que président de l’Union des chambres de commerce et d’industrie françaises à l’étranger, avant d’être élu à la présidence de la Chambre de commerce et d’industrie de Paris en 2011, puis de la CCI Paris Île-de-France en 2013.

C’est lorsqu’il est président de la CCI Paris Île-de-France qu’il initie l’autonomisation d’HEC Paris, via un nouveau projet de loi, afin qu’elle devienne un Établissement d’Enseignement Supérieur Consulaire en 2016. Cette étape majeure de l’histoire de l’école permet d’affirmer des ambitions académiques de rang mondial.

Ce nouveau statut de société de droit privé à but non lucratif bénéficiera par la suite à d’autres grandes écoles consulaires, comme l’ESCP. Les écoles étaient « bridées » dans leur compétitivité internationale : il fallait les rendre plus « autonomes », tout en consacrant « la permanence de la responsabilité consulaire », affirmait Pierre-Antoine Gailly, dans une interview aux Echos en 2014.

Une vision de l’éducation comme levier de cohésion sociale et de compétitivité

L’engagement de Pierre-Antoine Gailly en faveur de l’éducation dépasse le seul enjeu des grandes écoles. Selon lui, la vraie question n’était « pas tant le prix dans l’absolu que l’accessibilité sociale » des formations, en particulier celles des grandes écoles.

Mobilisé pour combler l’éloignement entre l’école et l’économie, il alertait sur le nombre considérable de jeunes en situation d’échec, qui fragilisait l’université française.

En tant que membre du CESE, il a travaillé sur la place des jeunes dans les territoires ruraux, plaidant pour le renforcement de la diversité des filières de formation afin de mieux accompagner les 16-29 ans vers l’autonomie.

Il a également défendu une vision de la formation continue comme levier central de compétitivité et de cohésion sociale, notamment lors du Forum mondial sur la formation et l’éducation tout au long de la vie, à Shanghai, en 2010.