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Institut Sustainability & Organizations

Une étude d’HEC Paris souligne le rôle du travail dans les fractures politiques

À la veille des élections municipales de 2026, une nouvelle étude d'HEC Paris menée par les professeurs Yann Algan, Antonin Bergeaud et l'étudiant Camille Frouard, met en lumière le rôle déterminant de l’expérience vécue au travail dans les comportements politiques des salariés du secteur privé.

Basée sur une enquête réalisée en 2024 et 2025 auprès de 3 909 salariés, l’étude montre que les variables socio-économiques classiques — revenus, catégorie socioprofessionnelle ou niveau d’études — expliquent moins les préférences politiques que la qualité du lien social dans l’environnement professionnel.

Dans un entretien accordé au Monde, Yann Algan souligne ainsi que « l’entreprise est devenue un espace essentiel pour la construction de la cohésion sociale ». Les relations quotidiennes avec les collègues, le sentiment d’appartenance à une équipe ou encore la confiance interpersonnelle influencent fortement la manière dont les salariés perçoivent la société et les institutions.

Les chercheurs observent notamment que les salariés se déclarant proches du Rassemblement national expriment plus fréquemment un sentiment d’isolement et de défiance envers leurs collègues, tandis que les sympathisants de la gauche radicale déclarent davantage de confiance dans leurs pairs mais se montrent plus critiques vis-à-vis de leur hiérarchie et de l’entreprise. À l’inverse, les salariés proches du centre rapportent un niveau élevé de confiance à la fois envers leurs collègues et leur organisation.

L’étude met également en évidence l’existence d’un important groupe de salariés sans affiliation partisane, représentant environ un tiers du salariat privé, caractérisé par un faible sentiment d’appartenance au collectif de travail et un désengagement plus marqué de la vie civique.

Pour les auteurs, ces résultats rappellent que les relations de travail jouent un rôle central dans la construction de la confiance sociale. Les politiques visant à renforcer la coopération et la reconnaissance dans les organisations pourraient ainsi contribuer non seulement au bien-être au travail, mais aussi à la cohésion démocratique.

Petite Couverture - Policy note - la politique au travail

La politique au travail :
Vécu en entreprise et fractures politiques es salariés en France
Yann Algan (HEC Paris), Antonin Bergeaud (HEC Paris), Camille Frouard (HEC Paris, ENSAE)

Téléchargez l'étude

 

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