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©2025 Olivia Lopez - HEC Paris. Visuel généré avec Midjourney.

La vraie fracture de l’IA est humaine, pas technologique

Les recherches de Peter Fischer révèlent que la plus grande limite de la technologie n’est pas technique, mais humaine : qui en profite, et qui reste à l’écart.

L'IA progresse à un rythme soutenu. Depuis le lancement de ChatGPT par OpenAI fin 2022, le monde de l’entreprise a vu émerger une vague d’outils d’IA générative capables de produire en quelques secondes du texte, du code ou des images d’apparence réalisés par des humains. Mais cette technologie est bien plus qu’un ensemble d’algorithmes et de données. En réalité, selon Peter Mathias Fischer, professeur associé de marketing à HEC Paris, elle agit comme un miroir reflétant les espoirs, les peurs et les aspirations de l’humanité.

Au-delà du battage médiatique : qui profite vraiment de l’IA ?

Les recherches de Fischer révèlent des contradictions pour les entreprises qui cherchent à exploiter équitablement le potentiel immense de l’IA. Alors que la course à l’IA s’intensifie, il estime que la “lune de miel” d’un optimisme sans réserve touche à sa fin. Il met en garde : à mesure que l’IA restructure les industries et accélère l’innovation, la recherche et l’enseignement, certaines entreprises risquent d’être laissées pour compte.

Ses travaux et son enseignement à HEC Paris se concentrent donc sur une question essentielle : comment les humains perçoivent et interagissent avec l’IA, notamment dans le monde du travail. Une interrogation clé est de savoir si l’IA renforce les capacités des employés ou creuse les inégalités existantes. « Un débat intense oppose la démocratisation de l’IA à l’idée que seuls quelques privilégiés en tireront profit, » observe Fischer. « Mes premières études suggèrent la seconde hypothèse : ceux qui sont en première ligne en tireront le plus grand bénéfice. »

La pensée critique, nouvelle compétence numérique

Cette distribution inégale des bénéfices, selon lui, ne vient pas de l’IA elle-même, mais des faiblesses humaines. « Beaucoup de personnes ne profitent pas de l’IA parce qu’elles manquent de curiosité et de pensée critique, » explique-t-il. « Pour réellement démocratiser l’IA, il faut éduquer les gens de manière à développer ces aptitudes. »

L’éducation est donc, selon lui, la clé de voûte pour combler le fossé entre le potentiel de l’IA et son adoption inégale. La pensée critique, l’adaptabilité et l’ouverture aux nouvelles technologies seront essentielles si l’on veut permettre à chacun de tirer parti de l’IA pour un travail porteur de sens et un développement personnel durable. Sans cette évolution, avertit Fischer, le fossé entre le potentiel de l’IA et ses bénéfices concrets ne fera que s’élargir.
 

La technologie comme levier de relation, non comme substitut

Des géants mondiaux comme Google aux acteurs émergents (et désormais dominants) tels qu’OpenAI, les entreprises sont engagées dans une course à la maîtrise de l’IA. Et les recherches de Fischer révèlent une dimension plus profonde de cette révolution : le rôle subtil mais essentiel de l’IA dans les secteurs fondés sur les relations personnelles. « Dans certains cas, l’IA devrait faciliter plutôt que remplacer les interactions humaines, » précise-t-il.

Par exemple, les entreprises qui vendent des produits complexes, comme l’assurance, s’appuient souvent sur les relations humaines pour instaurer la confiance. « L’IA peut jouer le rôle d’intermédiaire, ouvrir la porte à des conversations sensibles dans des secteurs comme la banque ou la santé, » explique-t-il. Le défi, souligne-t-il, est de concevoir des systèmes d’IA qui renforcent l’interaction humaine plutôt que de la fragiliser.

Le défi est de concevoir des systèmes d’IA qui renforcent l’interaction humaine plutôt que de la fragiliser.

Un autre axe majeur de la recherche du professeur Fischer concerne le rôle de l’IA dans l’apprentissage et l’éducation. Alors que la plupart des approches actuelles se concentrent sur l’entraînement des machines et l’amélioration des modèles, la question la plus cruciale est de savoir comment utiliser l’IA pour nous former nous-mêmes et développer nos compétences. « Nous devons déplacer notre attention du "machine learning" classique vers un apprentissage avec et à partir des machines. »

Une traduction assistée par LLM.

L’auteur
Prof. Peter Fischer
Professeur associé - Marketing

Menant des recherches à l’intersection de la stratégie, de la prise de décision managériale, du commerce international, des données (massives), de l’intelligence artificielle, de la psychologie et de la technologie, avec des publications dans des revues académiques de premier plan telles que le Jour...

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