Veeton : Quand l'IA réinvente la photographie de mode
Une révolution visuelle est en marche dans l’industrie de la mode, portée par Veeton : une plateforme tout-en-un qui permet de créer des visuels de mode ultra-réalistes grâce à l’IA générative. Pourquoi est-ce un véritable bouleversement ? Parce que la startup répond à un besoin croissant : celui de produire du contenu visuel de qualité pour le e-commerce. La solution « divise par trois le coût des shootings photo et permet d’économiser jusqu’à 2 jours par mois ». Mieux encore, « nous doublons le taux de conversion des clients comme Fjork Merino et Decathlon », explique sa cofondatrice Flore Lestrade. Tout s’est enchaîné très vite pour Veeton. Née sur les bancs de HEC Paris en juin 2023, la startup a déjà bouclé une levée de fonds de 2 millions d'euros tout juste un an plus tard, en juin 2024. Retour sur le parcours de cette startup brillante Made in HEC Paris.
Veeton, le nouvel outil de production visuelle qui fait sensation
Veeton est une plateforme digitale qui permet à ses usages de transformer des photos de vêtements à plat en visuels portés ultra-réalistes, sur des mannequins virtuels, dans différentes poses et formats (y compris la vidéo !). Un outil innovant qui constitue une solution clé en main pour les marques qui souhaitent générer tous les visuels nécessaires, notamment des photos studio de haute qualité pour la vente en ligne. Ce qui distingue Veeton, c’est sa capacité à produire des images ultra-réalistes et naturelles, avec un niveau de détail et un rendu des matières exceptionnel. Un atout de taille pour les marques qui veulent se démarquer en ligne avec des visuels sur mesure. Déjà adoptée par des acteurs variés, de Monoprix à Fjork Merino, la technologie de Veeton répond à une demande croissante du marché : disposer de contenus visuels qualitatifs, rapidement et à moindre coût. En quelques mois, la plateforme s’est imposée comme une solution pertinente face aux contraintes logistiques et budgétaires des marques.
La génèse de Veeton
L’histoire de Veeton débute avec l’ambition claire de sa cofondatrice et CEO, Flore Lestrade, déterminée à lancer sa startup dès la fin de ses études. Elle oriente alors ses expériences professionnelles en cohérence avec cet objectif, en s’immergeant dans l’univers des startups en forte croissance et à vocation internationale. C’est notamment lors d’un stage de six mois chez Doctolib à Berlin qu’elle approfondit sa compréhension des enjeux d’expansion rapide. Elle occupe ensuite un poste à responsabilité au sein d’une société de production audiovisuelle, où elle pilote des projets digitaux et affine sa capacité à résoudre des problématiques complexes.
Le tournant décisif intervient lors du Master X-HEC Entrepreneurs, où elle rencontre ses futurs associés, Christian Kotait et Tristan François. Ces deux passionnés de machine learning, que Flore qualifie volontiers de « grands fanatiques », travaillent déjà sur les prémices du « virtual try-on », autrement dit « l’art d’habiller numériquement des mannequins qui n’existent pas » et partageaient la même vision de l'IA :
« L’IA donnait vraiment l’impression d’une force irrésistible, et nous voulions tous les trois faire partie de cet élan. C’est un peu comme vivre la troisième révolution industrielle, donc y prendre part, et même être aux commandes, nous semblait important. »
Flore Lestrade, co-fondatrice et PDG de la startup Veeton
Leur collaboration débute alors que Christian et Tristan développent leurs premiers modèles de virtual try-on ainsi qu’un article de recherche fondateur dans ce domaine. Tous deux apportent une expertise technique pointue : Tristan a passé un an en R&D dans les laboratoires de Télécom Paris, tandis que Christian a occupé un poste de chercheur associé à Montréal puis à Londres.
Flore se souvient des premiers modèles qu’elle découvre, capables d’habiller une image de mannequin à partir d’une simple photo de vêtement à plat, avec des résultats bluffants dès janvier 2023. « Il y avait une incroyable convergence entre, d’un côté, une technologie enfin arrivée à maturité, et de l’autre, un problème que les marques de mode tentent de résoudre depuis des années », explique-t-elle.
Ce fut le déclic. Cette convergence parfaite, accentuée par l’essor du e-commerce et la pandémie de COVID-19, marque la naissance de Veeton en juin 2023, à la sortie de leurs études.
Un succès immédiat, des défis permanents
Le parcours de Veeton sort résolument de l’ordinaire. La croissance de l’entreprise a été fulgurante. En à peine un an, la startup a levé 2 millions d’euros en amorçage. L’équipe, aujourd’hui composée de 15 personnes réparties entre l’IA, le développement et les opérations commerciales, vient de quitter le campus de startups Station F pour emménager dans ses tout premiers locaux à Paris. Cerise sur le gâteau : Veeton figure dans le classement Future 40 de Station F en 2024, et ses trois cofondateurs ont rejoint la liste Forbes 30 Under 30 Europe cette année-là.
Mais comme pour toute start-up, le quotidien est fait de hauts et de bas. Le défi majeur pour Veeton ? Le recrutement. « Attirer les meilleurs talents demande énormément de temps et de ressources. C’est toujours plus long et plus laborieux que ce que l’on imagine, surtout pour des profils en IA et en développement », confie Flore. À cela s’ajoute la nature mouvante du secteur : « La seule certitude que l’on a, c’est qu’on n’en a aucune », résume-t-elle, qualifiant ce contexte à la fois « grisant » et « angoissant ».
Malgré tout, Flore reste confiante : « On apprend à faire confiance aux personnes qui nous entourent. »
Une start-up propulsée par HEC Paris
Flore Lestrade speaks about her HEC Paris experience in glowing terms: “The HEC Paris ecosystem has been a key accelerator for Veeton's development, offering a framework, advice, and an invaluable network while allowing the necessary freedom for our specific project.” The graduate credits her participation in various HEC Paris programs for providing critical support, enabling the company to not just conceptualize but actively accelerate its projects.
Flore Lestrade évoque son passage à HEC Paris avec enthousiasme : « L’écosystème HEC Paris a été un véritable accélérateur pour le développement de Veeton, en nous offrant un cadre, des conseils et un réseau précieux, tout en nous laissant la liberté nécessaire pour mener notre projet. » Elle attribue à sa participation à plusieurs programmes de l’école un rôle clé dans le soutien et l’accélération concrète du projet.
Tout commence avec le Master X-HEC Entrepreneurs. C’est dans le cadre de ce programme que l’équipe se forme et commence à travailler sur le projet Veeton, tout en bénéficiant d’un encadrement pédagogique structurant. Le Master offre également un réseau d’exception, un esprit d’ambition et des opportunités uniques, comme un stage de six mois en capital-risque, une expérience rare à ce stade de formation.
Grâce à ce Master, l’équipe intègre ensuite le HEC Startup Launchpad, un programme d’accélération de 11 semaines, qu’elle qualifie de « très intense et ultra-condensé », qui s'est avéré déterminant pour structurer les premières étapes du projet, de l’exploration marché à la conception du pitch.
Lauréate du Demo Day HEC Entrepreneurs 2023, Veeton intègre l’Incubateur HEC Paris. Une phase de continuité idéale, qui lui offre un espace de travail physique à Station F, du mentorat, des opportunités de mise en réseau et un environnement stimulant. Une véritable « caisse de résonance » pour la startup.
L'écosystème d'HEC Paris a également joué un certain rôle dans la rapide levée de 2 millions d’euros, ainsi que dans l’attraction d’investisseurs de premier plan. Aujourd’hui, Veeton passe à l’étape suivante : la sortie, d’ici l’été 2026, d’une nouvelle version de sa plateforme, marquant la transition d’un modèle hautement personnalisé vers une solution en libre-service.
Un dernier mot pour les entrepreneurs ?
À ceux qui souhaitent se lancer, en particulier dans le domaine de l’IA, Flore Lestrade partage un conseil essentiel :
« Le véritable défi pour une startup spécialisée en IA comme Veeton, ce n’est pas forcément de construire le meilleur modèle - cela n’a plus vraiment de sens face à la vitesse de développement des modèles génériques - mais plutôt de concevoir l’application précise et l’enchaînement technique qui répondent aux besoins spécifiques d’un marché de niche. »
Flore Lestrade, co-fondatrice et PDG de la startup Veeton
Et pour les curieux : le nom Veeton vient de Viton, le nom initial du projet de recherche sur lequel travaillaient les cofondateurs. Ce travail pionnier portait justement sur la projection d’un vêtement à plat sur un corps, avec les déformations appropriées.