Family Offices & Private Equity : une relation de plus en plus étroite et active
Regards croisés sur les enjeux de transmission et d’investissement des entreprises familiales
Le 2 février 2026, le HEC Alumni – groupement BACI (Banque d’Affaires & Capital Investissement) organisait une conférence consacrée à l’évolution des relations entre Family Offices et Private Equity. L’événement a réuni près de 180 participants, en présentiel et en ligne, autour de professionnels du capital-investissement, de représentants de Family Offices et d’experts des entreprises familiales. La conférence était animée par Patrick Lissague (H.78), fondateur et Président d’honneur du groupement HEC BACI, qui a structuré les échanges autour des grandes évolutions du dialogue entre Family Offices, Private Equity et entreprises familiales.
Les débats ont réuni plusieurs intervenants de référence de l’écosystème, parmi lesquels :
- Christel Bapt, Fondateur de Cedrus & Partners et Président de la Commission Actifs Privés de l’AFFO.
- Frédéric Crot, ancien président de l’AFFO et président de l’IFFO,
- François-Xavier Mauron, Co-Managing Partner d’Andera Partners et président du groupement HEC BACI,
- Sophie Wigniolle, Partner chez Eric Salmon & Partners,
- Diane Laure Zipper de Fabiani, Responsable du Club HEC Alumni Family Business,
- Grégoire Loustalet, Partner chez LWM, docteur en droit et fiscalité,
- ainsi que Cécile de Lisle, Directrice exécutive du HEC Paris – Dieter Schwarz Center for Family Business.
Family Offices : des investisseurs de long terme de plus en plus institutionnalisés
Les échanges ont mis en évidence la montée en puissance des Family Offices comme acteurs majeurs du non coté. Longtemps perçus comme des investisseurs atypiques, ils adoptent aujourd’hui des pratiques de plus en plus structurées : comités d’investissement formalisés, processus de sélection rigoureux, diversification des stratégies et recours croissant au co-investissement aux côtés des fonds de Private Equity.
Tout en se rapprochant des standards institutionnels, les Family Offices conservent des spécificités fortes : une vision intergénérationnelle, une capacité à s’inscrire dans le temps long, et une attention particulière portée à l’alignement des intérêts, aux valeurs et à la gouvernance.
Transmission de l’entreprise : un ordre des priorités clairement établi
Dans son intervention, Cécile de Lisle a rappelé un point structurant pour les entreprises familiales engagées dans une réflexion de transmission :
« Lorsqu’on est dans une perspective de transmission, la première question reste celle de la transmission de l’entreprise. La question du Family Office vient ensuite. »
Cette analyse souligne que, pour de nombreuses familles, les enjeux de gouvernance, de transmission du management et de continuité de l’entreprise précèdent la structuration patrimoniale. Le Family Office et le Private Equity s’inscrivent alors comme des outils au service de trajectoires de transmission, et non comme des fins en soi.
Private Equity et entreprises familiales : un partenariat en transformation
Les discussions ont également montré que le Private Equity occupe une place croissante dans les trajectoires des entreprises familiales, notamment comme partenaire de première ouverture de capital, levier de croissance ou solution intermédiaire entre gestion strictement familiale et cotation boursière. Dans un contexte où une part significative des entreprises familiales européennes devrait se transmettre dans les quinze prochaines années, la relation entre Family Offices, fonds de Private Equity et entreprises familiales apparaît plus que jamais stratégique. Elle repose sur un dialogue renforcé, une compréhension fine des enjeux humains et patrimoniaux, et une capacité à accompagner les transformations sur le long terme.