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Institut Sustainability & Organizations

VivaTech 2026 : François Gemenne appelle les entreprises à transformer les données climatiques en actions concrètes

S'exprimant lors du Sustainability Executive Summit de VivaTech 2026, François Gemenne a rejoint des experts de Capgemini, d'ENGIE et du WWF France pour examiner comment l'IA, la modélisation prédictive et les données scientifiques peuvent aider les organisations à anticiper les risques climatiques et à accélérer l'adaptation.
 

Le 18 juin 2026, à l'occasion du Sustainability Executive Summit de VivaTech, François Gemenne, professeur à HEC Paris et expert du GIEC, a participé à la table ronde "Predict the unpredictable: Tech to anticipate natural risks". Aux côtés de Cyril Garcia (Capgemini), Florence Colombo-Fouquet (ENGIE) et Yann Laurans (WWF France), il a exploré le rôle des technologies dans l'anticipation des risques climatiques et la construction d'une résilience durable.

Organisé dans le cadre du Sustainability Executive Summit, point d'orgue du programme durabilité de la dixième édition de VivaTech, l'événement a réuni plus de 300 dirigeants internationaux autour d'une question devenue centrale : Comment la technologie peut-elle nous aider à faire face à un avenir marqué par l'incertitude climatique ?

Des risques climatiques de plus en plus prévisibles

Pour François Gemenne, le constat scientifique est clair : les événements climatiques extrêmes – canicules, inondations, incendies – vont se multiplier. Mais la bonne nouvelle est que la capacité à les anticiper n'a jamais été aussi forte.
 

« Nous sommes devenus de plus en plus performants pour prévoir les extrêmes climatiques », a rappelé le professeur de HEC Paris, soulignant la remarquable précision des scénarios développés par le GIEC depuis plusieurs décennies.

Le principal défi réside désormais dans la capacité à traduire ces projections globales en informations utiles à l'échelle locale. Les entreprises ont besoin de comprendre précisément quels risques affecteront leurs activités, leurs infrastructures ou leurs chaînes d'approvisionnement afin d'adapter leurs stratégies.

 

 

 

De la responsabilité environnementale à la gestion des risques

Cette évolution marque également un changement profond dans la manière dont les organisations abordent les enjeux de durabilité. Selon Cyril Garcia, Global Head of Sustainability Services chez Capgemini, les entreprises ne considèrent plus seulement le climat sous l'angle de la responsabilité sociétale, mais comme un véritable enjeu de gestion des risques.

Face à des impacts croissants sur les opérations, les coûts d'assurance ou les modèles économiques, l'adaptation devient une priorité stratégique. L'intelligence artificielle, les plateformes de données et les outils de simulation permettent aujourd'hui d'anticiper les vulnérabilités et de renforcer la résilience des organisations.

Quand les données éclairent la décision

Florence Colombo-Fouquet, Vice-Présidente ESG d'ENGIE, a illustré concrètement cette transformation. Présente dans une trentaine de pays, l'entreprise utilise les scénarios climatiques du GIEC et les complète par des analyses locales afin d'évaluer les risques pesant sur ses infrastructures existantes et ses futurs investissements.

Cette approche permet d'intégrer les enjeux climatiques directement dans les décisions d'investissement, qu'il s'agisse de moderniser des actifs existants ou de concevoir de nouvelles infrastructures capables de résister aux événements extrêmes.

Comprendre les comportements humains, le défi de demain

Si la technologie progresse rapidement dans la prévision des risques physiques, François Gemenne a rappelé que le véritable angle mort reste aujourd'hui la réaction humaine.

Les individus ne prennent pas leurs décisions uniquement sur la base des données scientifiques, mais aussi selon leur perception personnelle des risques. Or cette perception diffère souvent de la réalité observée.

Pour le chercheur, cette limite souligne l'importance d'investir davantage dans les sciences comportementales afin de mieux comprendre comment les citoyens, les entreprises et les territoires réagissent face aux menaces climatiques.

L'alliance entre technologie et expertise de terrain

Les échanges ont également mis en lumière la complémentarité entre les outils technologiques et les connaissances issues du terrain. Yann Laurans, représentant du WWF France, a souligné le rôle essentiel des ONG et des communautés locales dans l'identification des signaux faibles et des points de bascule que les modèles globaux peinent encore à détecter.

La combinaison des données scientifiques, de l'intelligence artificielle et des observations locales apparaît ainsi comme l'une des conditions essentielles pour construire des stratégies d'adaptation efficaces.

Une question clé : où investissons-nous notre argent ?

En conclusion, interrogé sur l'action la plus efficace que les entreprises puissent engager dès aujourd'hui, François Gemenne a mis en avant un levier souvent sous-estimé : les investissements financiers.

« Beaucoup d'entreprises savent comment réduire leur empreinte carbone. Mais une grande partie de leur impact dépend aussi de l'endroit où elles investissent leur argent. »

Un rappel que la transition climatique ne se joue pas uniquement dans les opérations ou les technologies, mais également dans les choix financiers qui orientent l'économie de demain.

La participation de HEC Paris à VivaTech 2026 illustre une nouvelle fois l'engagement de l'École dans les grands débats internationaux sur la transition écologique et la capacité des organisations à construire un avenir plus résilient face aux défis climatiques.