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Entreprises Familiales

Le Family Business Center décrypte la perception des entreprises familiales en France

À l’occasion de la publication du Baromètre des Décideurs Viavoice – HEC Paris – L’Express, nos experts d’HEC Paris, Cécile de Lisle et Philippe Pelé-Clamour, livrent leur analyse des résultats, mettant en lumière le rôle des entreprises familiales comme repères de stabilité et de confiance.

Réalisé en septembre 2025 auprès de 1 001 Français et 400 décideurs, le Baromètre des Décideurs Viavoice – HEC Paris – L’Express montre qu’alors que les incertitudes économiques et politiques s’accumulent, les entreprises familiales apparaissent comme un repère de stabilité, de confiance et de lien social.

Les Français plébiscitent le modèle familial Les résultats du baromètre sont sans équivoque : 

  • 85 % des Français et 84 % des décideurs estiment que la présence d’entreprises familiales sur le territoire est « une chance pour la France » ;
  • 63 % associent l’entreprise familiale à l’héritage d’un savoir-faire, et 56 % à la transmission intergénérationnelle ;
  • 73 % du grand public et 69 % des décideurs déclarent avoir davantage confiance dans une marque issue d’une entreprise familiale.

Télécharger le Baromètre complet Viavoice – HEC Paris – L’Express – BFM Business (PDF)

L’Express a sollicité Cécile de Lisle, Directrice exécutive du Centre des Entreprises Familiales de HEC Paris, et Philippe Pelé-Clamour, Professeur adjoint à HEC Paris, pour commenter ces résultats. Leur éclairage met en avant un ancrage dans le temps long, l’enracinement territorial et la confiance inspirée aux salariés et aux consommateurs.

Des entreprises « à visage humain » 

Cécile de Lisle rappelle que l’entreprise familiale demeure « le dernier bastion d'une économie à visage humain, où l'entreprise n'est pas guidée exclusivement par la maximisation du profit. »

Temps long et ancrage territorial 

Cécile de Lisle souligne que les entreprises familiales se distinguent par leur rapport singulier au temps et à l’espace : « Les horizons de rentabilité se comptent plutôt en décennies, alors que la performance d’un fonds d’investissement s’évalue sur sept à dix ans. Les familles ont des racines dans les territoires et font souvent le choix courageux d’éviter les délocalisations. » 

Ces entreprises, précise-t-elle, “ne sont pas plus vertueuses ou morales par nature. Mais leurs actionnaires ont intérêt à privilégier la stabilité et l’investissement sur le long terme en vue de la transmission, et non à tuer la poule aux oeufs d’or en la faisant pondre à une cadence infernale”. 

Cécile ajoute que cette solidité s’accompagne d’une relation de confiance unique : « Quand le dirigeant d’une entreprise transmise depuis plusieurs générations s’engage, sa parole a plus de poids que celle d’un grand patron ou d’un responsable politique. » 

Un constat que partage Philippe Pelé-Clamour, qui souligne que : « Quand le patron d’une entreprise représentant la deuxième, troisième ou quatrième génération s’engage sur quelque chose, sa promesse a plus de poids que celle d’un dirigeant d’une grande organisation ou d’un ministre, qui, eux, changent beaucoup plus vite. » 

Transmission : un défi critique 

Alors que Cécile de Lisle rappelle qu’“on ne recense que 5 600 ETI françaises, dont les deux tiers environ ont un actionnariat familial, contre 8 000 en Italie et 12 000 en Allemagne”, la transmission reste un point de fragilité : « Moins d’un quart des entreprises restent familiales à la deuxième génération, et moins de 20 % à la troisième. » 

D’où l’importance de mettre en place une gouvernance familiale (charte ou conseil de famille, pacte d’actionnaires) pour structurer les rôles et préserver l’équilibre entre famille et entreprise. 

La mission du Family Business Center d’HEC Paris 

« Dans un contexte où un tiers des sociétés familiales européennes seront confrontées à une problématique de transmission dans les dix ans à venir, nous avons voulu revaloriser cette culture entrepreneuriale. » Les repreneurs d’entreprises familiales sont, selon elle, « de véritables entrepreneurs, qui doivent inventer l’avenir sans faire table rase du passé. » 

Cécile de Lisle conclut : Le Capitalisme familial, lorsqu’il est respectueux et responsable, est le ciment du contrat social. On le caricature parfois en paternalisme. Mais il porte une vision du capitalisme à l’européenne, différente du modèle anglo-saxon, qui mérite d’être étudiée, comprise et mise à l’honneur. 

Lire l’article sur L’Express 

« Le dernier bastion d’une économie à visage humain — L’entreprise familiale plébiscitée par les cadres » (23 septembre 2025).