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Institut Society & Organizations

L’économie inclusive : un remède pour un “monde en feu” ?

L’Institut Society & Organizations (S&O) d’HEC Paris célèbre en 2020 douze années de recherche sur la notion d'économie mondiale inclusive avec la publication du rapport “Inclusive Business: What it is and Why it Matters”  (« L’économie inclusive : qu’est-ce que c'est et pourquoi cela compte »). Cette troisième publication de l’Institut S&O étudie les rôles respectifs de la sphère privée et de la sphère publique, mais aussi de la société civile, pour aborder les principes fondamentaux d'une économie inclusive. L’initiative s'inscrit dans le cadre d'une plate-forme impulsée par 40 PDG, au sein d’une coalition intitulée "Business for Inclusive Growth (B4IG)" . Entretien avec l'un des quatre auteurs du rapport, la directrice exécutive de l’Institut S&O, Bénédicte Faivre-Tavignot.

Portrait de Bénédicte Faivre-Tavignot.

« Nous vivons au confluent de trois crises, dans un monde en feu », prévient Marieke Huysentruyt en expliquant l'urgence qui sous-tend le rapport de l’Institut S&O sur l'entreprise inclusive. « Il s'agit de la pandémie sanitaire, de la crise climatique et de l'effondrement économique qui va bientôt se produire », ajoute la co-auteure. 

L'Institut S&O a anticipé un tel scénario d'urgence depuis la faillite de Lehman Brothers en 2008. Pour le fondateur de l'Institut, Rodolphe Durand, cet événement était le signe d'un déclin lent mais inexorable du modèle néo-libéral du capitalisme. Et aujourd’hui, le plus grand quotidien économique du monde, le Financial Times, semble même plaider en faveur de gouvernements plus puissants et d’une redistribution plus équitable. 
Nous avons demandé à Bénédicte Faivre Tavignot, directrice exécutive de S&O, de résumer les points essentiels du rapport publié en décembre 2020, qu'elle a cosigné avec Aurélien Feix, et ses collègues Rodolphe Durand et Marieke Huysentruyt.  

 

Couverture rapport B4IG


 

Ce troisième rapport de l’Institut S&O est centré sur l’économie inclusive. Il analyse la contribution du business à la lutte contre la pauvreté et les inégalités. Vous y étudiez notamment les barrières qui empêchent l’inclusion de tous dans la vie économique et les modèles de business inclusifs qui permettent de lever ces barrières.

Dans le contexte de la crise sanitaire actuelle, pourquoi était-il important de sortir ce rapport ? 

Bénédicte Faivre Tavignot : C’est important parce que d’une manière générale, l'accroissement des inégalités n'est ni éthique, ni soutenable. Il conduit à la fracturation de la société et à un mécontentement social croissant, que l’on observe en France depuis le mouvement des « gilets jaunes », et dans de multiples autres pays : Chili, Liban, Bolivie, Etats-Unis…

Or avec la crise sanitaire, ces inégalités ne font que se renforcer. On assiste à une forme de déclassement d'une catégorie de la population qui glisse progressivement dans la pauvreté, voire y bascule lors de la perte d’emploi. Selon le Secours catholique, la France compte près d’un million de personnes pauvres en plus par suite de l’épidémie de Covid-19.

Clairement, l'entreprise a un rôle à jouer - nous en sommes convaincus et y travaillons en particulier depuis la création de la chaire Inclusive & Social Business en 2008. Souvent plus conscients des externalités sociales positives de ses activités (dynamisation de bassins d’emploi), ses acteurs prennent aussi aujourd’hui davantage conscience des potentielles externalités négatives : entorses aux droits humains dans la chaîne de valeur de l’entreprise, risque d’exclusion de ceux qui ne sont pas assez armés pour faire face à la course à la rentabilité et à l’innovation…
   
De la même manière que l'entreprise aujourd'hui doit finalement réduire ses externalités négatives sur l'environnement, le climat, la biodiversité, voire même restaurer la biodiversité, on peut faire le parallèle au niveau social : la société attend de l'entreprise qu’elle réduise ses externalités sociales négatives, ou même qu’elle aille plus loin et vise un impact positif : en créant des modèles économiques qui réduisent la pauvreté et les inégalités.  
 


Comment l’entreprise peut-elle jouer un rôle positif ? 


Il existe plusieurs leviers qu’explorent en particulier les entreprises de la coalition internationale B4IG (« Business for Inclusive Growth ») :

  • une attention plus forte portée au respect des droits humains en particulier chez ses fournisseurs (ou les fournisseurs de ses fournisseurs)
  • une politique plus pro-active de diversité et de lutte contre les discriminations en interne de l’entreprise
  • la mise en place de politiques pro-actives d’apprentissage pour les jeunes
  • le développement de modèles économiques inclusifs : visant à donner accès à tous à des biens et services importants voire essentiels ; et / ou l’accès au travail par exemple à travers des pratiques d’achats solidaires. 

 

Quelles sont les motivations qui animent les entreprises s’engageant dans l’économie inclusive ? 

Les dirigeants d’entreprises comprennent de plus en plus que leur entreprise ne peut prospérer et se développer dans un écosystème dégradé, et notamment dans une société fracturée. C’est ainsi que se sont créées plusieurs coalitions d’entreprise. 

On peut citer l’Action Tank Entreprise et Pauvreté que nous avons co-créé en 2009 avec Martin Hirsch, Emmanuel Faber et plusieurs entreprises comme Schneider, Essilor… et rejointes par d’autres comme Renault ou Bouygues. Elles y explorent de manière engagée et pionnière ces modèles inclusifs, dans la co-création avec la société civile et les institutions publiques. Plus récemment, la coalition française pour une économie inclusive, avec plus de 35 entreprises françaises qui s'engagent sur ces sujets-là. Et enfin la coalition B4IG, déjà citée, annoncée officiellement lors du G7 à Biarritz en juillet 2019 et initiée par l'OCDE. Elle réunit une quarantaine d’entreprises des pays du G7. 


 
Vous et vos trois co-auteurs démarrez avec le constat qui montre que le système capitaliste incarné par le slogan « Grow First, Distribute After », atteint ses limites. Une réponse politique ne suffit pas, semble-t-il, il faut que le monde des affaires s’implique et se transforme. Or, il y a des grands défis et vous les évoquiez. Les barrières sont multiples et vous proposez aux entreprises de dresser un heatmap, une sorte de carte thermique. De quoi s’agit-il ? 

En effet nous montrons que l’économie inclusive propose un autre modèle que celui du « Grow First, Distribute After », où le partage de la valeur est en général en partie réduit à des activités de philanthropie, déconnectée du « core business » : les initiatives d’économie inclusive qui nous intéressent dans ce rapport intègrent un partage de la valeur au cœur même de leur modèle économique. 

Par ailleurs, pour aller plus loin dans la construction de cette économie inclusive, nous cherchons à en comprendre les obstacles : ce qui fait que trop de personnes sont exclues de la vie économique ou risquent de le devenir : et nous analysons les barrières ou obstacles à l’inclusion, que les business inclusifs cherchent à lever. 

Nous avons ainsi identifié trois grandes catégories de barrières :

 

  • les barrières structurelles, c’est à dire le coût des biens et services, trop élevés pour les personnes à bas revenus ; l’accessibilité, par exemple géographique, et l’inadéquation entre l’offre et la demande. Par exemple en France, le logement social se révèle souvent trop coûteux pour les personnes qui en ont le plus besoin ; l’offre est inférieure aux besoins dans certaines villes et, du fait de la règlementation, la location d’appartement s’est accompagnée ces dernières années d’une place de parking, alors que les personnes n’ont souvent pas les moyens d’avoir une voiture.
  • les barrières informationnelles, qui reposent sur un manque de prise de conscience (par exemple des risques du surendettement), ou un manque d’information.
  • les barrières socio-psychologiques : liées à des pratiques de discrimination, à des comportements de résignation, des sentiments de stigmatisation ou de surcharge cognitive.

 


Vous terminez ce rapport en soulignant qu’il n’est pas complet. Il manque la ou les boîte(s) à outils, pour expliquer comment l’économie inclusive marche et ce qu’il faut pour qu’elle soit gérée avec succès. Il y a donc une suite. Où en êtes-vous ?

Dans ce rapport nous avons voulu clarifier les concepts d'économie inclusive et de business inclusif, en en proposant une définition. Nous avons donc aussi cherché à comprendre les obstacles à l’inclusion, ainsi que le rôle joué par les business inclusifs dans la levée de ces obstacles.  

Ensuite, dans la deuxième partie du rapport, nous avons donné des exemples qui montrent que cette économie inclusive est possible. Pour la suite, nous souhaitons réaliser un autre rapport qui aille plus loin dans l’analyse des initiatives existantes et permette à ceux qui voudraient lancer ou déployer des business inclusifs de mieux en anticiper les éventuels défis et facteurs-clés de succès. 

 

En savoir plus sur le pole Economie Inclusive de S&O

Téléchargez le rapport [ENG]

couverture rapport B4IG