- L’intelligence artificielle doit renforcer les capacités humaines, et non s’y substituer.
- Le leadership repose avant tout sur le discernement, l’éthique et la confiance.
- Les conseils d’administration doivent développer leur culture de l’IA pour mieux gouverner les risques émergents.
- Une IA responsable exige responsabilité, transparence et raison d’être.
- L’avenir appartient aux dirigeants capables d’allier puissance technologique et intelligence humaine.
L’IA au service du leadership humain
Alors que l’intelligence artificielle transforme rapidement le monde du travail, les organisations sont confrontées à une question fondamentale : l’IA affaiblira-t-elle le leadership ou, au contraire, le renforcera-t-elle ? Lors de la dernière fireside chat du Purpose Day 2026 de HEC Paris, Pascal Jauffret, CEO du groupe Forvis Mazars, a échangé avec Karina Litvack, administratrice indépendante de Terna et présidente fondatrice de la Chapter Zero Alliance, dans une discussion animée par Marya Besharov, professeure à la Saïd Business School de l’Université d’Oxford, consacrée à l’avenir du leadership à l’ère de l’intelligence artificielle.
Pour Pascal Jauffret, l’IA doit être considérée comme un puissant « muscle » qui amplifie les capacités humaines plutôt que comme un substitut aux dirigeants. Si cette technologie permet d’accélérer les analyses, d’automatiser les tâches répétitives et d’améliorer l’efficacité, le leadership reste avant tout une responsabilité profondément humaine. Le discernement, le raisonnement éthique, la curiosité et la capacité à inspirer les équipes ne peuvent être délégués à des algorithmes. L’IA doit au contraire libérer les dirigeants afin qu’ils puissent se concentrer sur les dimensions les plus humaines de leur fonction : donner du sens à la complexité, exercer leur jugement et construire la confiance.
Les échanges ont également mis en lumière les défis de gouvernance que soulève l’intelligence artificielle. À mesure que les organisations déploient des systèmes toujours plus puissants, les conseils d’administration et les équipes dirigeantes doivent renforcer leur compréhension de ces technologies afin d’en maîtriser les risques et les conséquences inattendues. Une IA responsable exige bien davantage qu’une expertise technique : elle repose sur une gouvernance claire, une responsabilité assumée, une transparence accrue et une raison d’être solide, afin que l’innovation serve autant l’intérêt de la société que la performance des entreprises.
Plutôt que de considérer l’IA comme une menace pour le leadership, Pascal Jauffret y voit une occasion de le réinventer. Les dirigeants qui réussiront demain ne seront pas ceux qui chercheront à rivaliser avec les machines, mais ceux qui sauront conjuguer la puissance des technologies avec l’intelligence humaine, les valeurs et la raison d’être.