Fondée par Florian Corgnou, Neurobus est une startup Deep Tech qui développe une Intelligence Artificielle neuromorphique frugale et embarquée pour les systèmes de défense et aérospatiaux. Sa technologie traite les données directement sur des dispositifs tels que drones et satellites, réduisant drastiquement la consommation d’énergie en éliminant les transferts vers des centres de données énergivores.
Initialement ancrée dans le secteur spatial avec des partenaires comme Airbus Defense and Space, l’Agence spatiale européenne et l’Agence spatiale française, Neurobus s’est rapidement étendue au marché en forte croissance des drones.
La problématique
Les secteurs de l’aérospatiale et de la défense s’appuient de plus en plus sur des capacités de traitement embarqué haute performance. Pourtant, l’intelligence artificielle traditionnelle reste énergivore et gourmande en ressources. L’envoi de données vers des centres distants consomme une puissance considérable et entraîne des délais — un problème amplifié dans les satellites et les drones, soumis à de fortes contraintes énergétiques.
Florian a constaté cette lacune technologique en collaborant avec des acteurs majeurs comme Tesla, SpaceX et Airbus Defense & Space. Malgré le rythme soutenu d’innovation dans le secteur, aucune solution ne combinait intelligence et efficacité énergétique radicale. Ce besoin non satisfait a ouvert la voie à Neurobus.
La solution
Neurobus propose une intelligence artificielle embarquée et frugale, conçue pour fonctionner directement sur les systèmes hôtes tout en consommant un minimum d’énergie.
Ce qu’ils ont développé :
- Des systèmes neuromorphiques inspirés du cerveau et de la rétine humaine, offrant une puissance de calcul élevée avec une consommation énergétique extrêmement faible.
- Un traitement de l’IA directement sur l’appareil, évitant les transferts de données énergivores.
- Une architecture prête à être intégrée aux drones et satellites.
- Un assemblage de composants associé à des couches logicielles sur mesure, positionnant Neurobus à la fois comme intégrateur et éditeur de logiciels.
- Des applications spécialisées pour la défense et l’aérospatiale, notamment la détection de drones.
Résultat : en assemblant des capteurs et processeurs existants plutôt qu’en les fabriquant, Neurobus accélère l’adoption et réduit l’intensité capitalistique. Cette approche permet aux drones dotés d’une IA frugale de prendre des décisions en temps réel avec une intervention humaine minimale — par exemple éviter de manière autonome un objet arrivant à grande vitesse, tout en requérant une autorisation humaine pour les actions stratégiques.
Chiffres clés
- Parmi les partenaires figurent Airbus Defense & Space, l’ESA et le CNES
- Lauréat d’un concours européen d’innovation dans le domaine de la défense
- 600 000 € de revenus de R&D en 2024 (hors subventions publiques)
- Équipe de 5 personnes (2 associés + 3 employés), avec un effectif prévu d’environ 10 d’ici juin
- Préparation d’une levée de fonds de 5 à 10 M€ pour développer le produit final
Comment ils l'ont fait
Le parcours de Florian a débuté dans l’ingénierie et l’aéronautique avant que l’entrepreneuriat ne redéfinisse sa trajectoire. Après avoir lancé Trezy — une startup de suivi financier pour PME ayant levé 3,5 M€ — il est revenu vers un domaine qui le passionnait profondément : l’aérospatiale.
Le tournant s’est produit lors d’un programme d’entrepreneuriat spatial avec Airbus Defense & Space, où l’idée de Neurobus a commencé à prendre forme. Son immersion auprès d’ingénieurs en aérospatiale lui a permis d’identifier des besoins majeurs du marché et le potentiel d’une IA frugale.
Le parcours s’est structuré autour de plusieurs éléments :
- Un pivot décisif après son exposition aux environnements technologiques de Tesla, SpaceX et Airbus.
- Une validation industrielle approfondie, obtenue grâce à des contrats de R&D plutôt que par une levée de fonds précoce.
- Une discipline stratégique pour éviter toute dispersion : « Il faut se concentrer, maîtriser un seul cas d’usage, l’exécuter parfaitement et ne pas se disperser. »
- Un processus de décision clair pour identifier l’application présentant la plus forte valeur business et technologique : les drones.
HEC Paris a accompagné en continu l’évolution de l’entreprise :
L'Executive MSc in Innovation & Entrepreneurship (EMSIE) lui a apporté expertise et soutien pendant la phase de lancement de Neurobus. L’Incubateur HEC Paris a contribué à la finalisation de contrats clients complexes, tandis que le Creative Destruction Lab – Paris (CDL) a challengé la stratégie et affiné les décisions clés. Enfin, le programme Challenge+ a permis de structurer davantage l’équipe et de renforcer l’exécution.
Grâce à une R&D financée par les clients et à une rigueur stratégique constante, Neurobus a pu démontrer sa traction sans dilution précoce.
Et ensuite ?
Face à la demande croissante dans les domaines de la défense et de l’autonomie des drones, Neurobus prépare une levée de fonds de 5 à 10 M€ afin d’accélérer le développement de son produit final, directement façonné par les retours clients.
L’entreprise ambitionne d'élargir son équipe à une dizaine de membres, ainsi que ses applications dans la défense et d’ouvrir la voie à de futurs usages civils, tels que la livraison autonome par drone.
La mission de Neurobus est claire : proposer une IA frugale capable d’alimenter la prochaine génération de systèmes spatiaux et de drones — plus intelligents, plus rapides et bien plus économes en énergie.
Une traduction assistée par LLM.